La Feuille
Observer l’innovation pour comprendre les enjeux de l’édition électronique
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    26
    05
    2008

    Live Search Book s’arrête

    Microsoft n’y était jamais allé de gaité de coeur. En tout cas, voilà qu’il arrête Live Search Book et son programme de numérisation imité de Google, nous explique très bien Alain Pierrot. Voilà qui recompose certaines pièces de la techtonique documentaire (passablement secouée ces derniers temps).

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    22
    05
    2008

    Quand les lecteurs deviennent rares

    “Dans l’ancien modèle, seules les publications les plus rentables existent (font l’objet d’une décision de publication favorable). La rareté est donc du côté des publications. Dans le nouveau contexte, toutes les publications possibles existent. Ce sont donc les lecteurs qui deviennent rares. C’est le fondement de ce qu’on appelle l’économie de l’attention, avec une conséquence importante : si ce sont les lecteurs qui sont rares et non les publications (relativement les unes aux autres), alors les barrières d’accès aux documents (l’accès sur abonnement par exemple) deviennent contre-productives. Le principe de la restriction d’accès est contradictoire avec la logique de ce nouveau contexte. On voit donc que le mouvement de l’open access, qui s’est déployé avec une face politique et idéologique (libre accès aux résultats de la recherche) repose en fait sur une propriété très puissante de l’économie des biens numériques. Il suffit de regarder les nouvelles revues purement électroniques qui se créent. Aucune ne veut d’une barrière d’accès sur abonnement ; parce que leur principal souci est d’être lues et connues.”

    Piotrr à propos de l’édition en ligne pour les sciences humaines, juste à côté.

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    22
    05
    2008

    ebooks : mieux restituer l’expérience du livre ou développer de nouvelles expériences de lecture ?

    Intéressant billet d’Andrew Savikas sur TOC (merci Hadrien, d’attirer mon attention parfois paresseuse !).

    L’Association des éditeurs américaines (AAP) a récemment décidé de soutenir l’initiative du format epub pour le livre numérique. Mais la lettre de soutien était également plutôt critique. Grosso modo, résume Andrew Savikas, “epub n’est toujours pas aussi bon que pdf et nous voudrions que vous [l'IDPF, qui développe le standard epub] continuiez à travailler pour qu’epub soit plus fidèle à nos pages imprimées.”

    Mais, rappelle Saviskas, si epub est si extraordinaire, c’est qu’il apporte aux livres plus que la forme physique du papier, et  permet d’entrevoir ce que serait le livre électronique augmenté de la richesse de fonction du web.

    “Où sont les standards et les meilleures pratiques pourintégrer du contenu web au format ebooks? Où est la feuille de route qui permettra d’incorporer OpenId ou FriendConnect aux livres électroniques de demain (afin que je sache qui de mes amis partage la lecture du livre que je lis ou que j’ai lu ?) ? Où est le standard ou le mécanisme d’agrégation des annotations et des commentaires des lecteurs d’ebooks ? Pour moi, ce sont le genre de questions que les éditeurs devraient se poser et l’IDPF devrait au moins les aider à y répondre.”

    Comme me le confie Hadrien Gardeur, Savikas considère que :

    “la richesse d’ePub vient de son rapprochement avec le monde web et qu’il est important pour l’IDPF de se pencher sur les questions d’annotation, de partage de liste de lecture etc.Il considère qu’à l’inverse, le temps et l’énergie consacré par les éditeurs à une meilleure restitution du support livre dans un environnement numérique est inutile.

    Ce billet dessine deux tendances qui à mon avis sont loin d’être contradictoires, mais toutes les deux fondamentales si l’on souhaite “inventer le livre électronique”:
    - d’une part avancer vers une meilleure restitution de l’expérience livre : gestion de la page, de la typographie par exemple.
    - de l’autre côté, s’appuyer sur les avantages du livre sous forme numérique pour développer de nouveaux usages et de nouvelles formes de contenus.

    Ce sont les deux questions fondamentales à mon sens : dans quelle mesure peut-on reproduire l’expérience papier ? Dans quelle mesure peut-on produire de nouvelles expériences ?”

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    22
    05
    2008

    Le SNE créé une commission numérique

    Le Syndicat national de l’édition crée une commission Numérique, instance de réflexion des éditeurs sur le numérique et de concertation des acteurs de la chaîne du livre.

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    21
    05
    2008

    Où vont les clubs ?

    Très intéressant article de The Economist sur les clubs du livre et notamment Bertelsmann bien sûr  - FranceLoisirs en France. L’article retrace plutôt bien les évolutions récentes et mondiales, et toutes les réponses à la défection des abonnés (ou plutôt à l’arrêt de leur progression et au vieillissement de leur population).

    Les derniers soubresauts des clubs semblent être en ligne et sur des niches (voir les 2 à la fois) comme BlackExpression, Mosaico ou le futur ProgressiveBookClub.

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    21
    05
    2008

    Cory Doctorow : n’ayez pas foi dans les liseuses

    “Je suis sceptique sur le business modèle de la vente des liseuses (voir également Aimez-vous lire en-dehors d’un écran ?), mais si j’avais à parier sur le futur du livre électronique, je ne miserais pas sur un dispositif matériel qui me tient captif de multiple manières”.

    Cory Doctorow : n’ayez pas foi dans les liseuses

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    19
    05
    2008

    Combien de Kindle ?

    Comme pour la plupart des liseuses en vente, il est difficile d’avoir une idée du nombre d’exemplaires du Kindle d’Amazon vendus. Entre 60 et 80 000 par mois ? Entre 10 et 30 000 ?

    Mark Mahaney, un analyste du Citi Investment Research vient de dresser une comparaison entre les ventes d’iPod réalisées par Apple et les conséquences qu’une telle démocratisation de l’appareil aurait pour le Kindle d’Amazon et estime que les ventes devraient être multipliées par 12 d’ici 2010. La commercialisation devrait atteindre 120 000 unités par mois d’ici la fin 2008 (contre environ 30 000 actuellement). Comme le dit Pisani, “le raisonnement semble un peu optimiste mais pas excessivement tiré par les cheveux”.

    Reste à savoir si on est vraiment sur le même type de produit, quand bien même le Kindle évoluerait aussi bien que l’iPod… J’ose émettre quelques doutes. L’usage est tout de même radicalement différent et je ne suis pas sûr qu’on touche les mêmes catégories d’acheteurs. Enfin, l’iPod, même à l’origine, était plus sexy, plus simple (plus révolutionnaire dans sa conception) et plus ouvert.

    En tout cas, en France, tout le monde travaille à lancer son reader.

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    19
    05
    2008

    Quand les livres ne sont plus des livres

    Sur TOCAndrew Savikas, alors qu’il est en train de rentrer des critiques de livres de chez O’Reilly dans Adobe Digital Edition, se désole et réalise comme il est frustrant que les livres ne prennent pas le plein avantage de ce qui fait l’essence du web : les hyperliens sortants.

    “Je ne peux pas vraiment blâmer les auteurs - ils ont écrit leurs manuscrits pour l’impression, après tout. On pourrait un peu plus s’en prendre à nous, éditeurs, qui pourrions ajouter au moins quelques liens avant de distribuer les livres sous une forme numérique”. Et de faire référence aux propos de Martin Daniels, de l’association anglaise des libraires :

    “Nous savons depuis longtemps que la promotion des lecteurs pour e-books et la conversion de 250 pages de texte en 250 pages de contenu numérique est de nature transitoire. Le défi ne consiste pas simplement à adopter la technologie, mais l’adapter à faire les choses différemment, à exploiter son véritable potentiel, à apprendre de l’expérience et à passer à l’étape suivante. Le simple fait de prendre aujourd’hui le contenu et le transformer en contenu numérique suit la logique que le numérique est tout simplement un autre format ou une manifestation et qu’il sera lu de la même manière.”

    Les éditeurs doivent commencer à comprendre que créer des livres destinés à être consommés autrement, que concevoir des livres destinés à rester numériques tout au long de leur cycle de vie, nécessite d’ajouter de nouvelles valeurs qui tirent le potentiel du numérique. Dit autrement : “La Brittanica vend des encyclopédie ; Microsoft vend des logiciels, et les lecteurs cherchent des références générales compréhensives, et non pas nécessairement des encyclopédies ou des logiciels.”

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    19
    05
    2008

    Libraires : faut-il investir dans le numérique ?

    François Bon s’interroge : comment aider les librairies à accomplir leur transition numérique ? Et fait un appel du pied aux Centres régionaux du livre en mal de missions. Car aujourd’hui, pour une petite librairie,  à quoi ça ressemble l’avenir ? A ça, peut-être, répond la librairie Litote en tête : un commercial qui propose une fonctionnalité supplémentaire :

    “Nous avons eu la visite d’une charmante Aurore venue nous présenter le portail Place des libraires. Oui, c’est l’aurore d’une idée pour que les librairies indépendantes soient présentes sur Internet, qu’on puisse être en concurrence avec les grands sites de vente par correspondance. Le hic, c’est qu’il faut adhérer (300 euros HT) + s’abonner mensuellement (pour 45 euros HT) alors que le site démarre à peine. En cherchant sur google, on ne tombe pas encore sur lui. Le libraire.com semble mieux placé. Pourquoi les petites librairies devraient-elles payer le même tarif que les grandes? Nous n’avons pas le même chiffre d’affaire. Est-ce que cet investissement est nécessaire pour l’instant à Paris? Nous ne sommes pas en rase campagne.
    Opportuniste, je réfléchis.”

    Il faut vendre combien de livre sur Place des Libraires pour rembourser les 840 euros annuels que coûtent le service ? Bien sûr le service démarre, mais quel est le trafic actuel, quelles sont les perspectives concrètes pour l’améliorer ? Que donne les premiers bilan de ceux qui ont commencé ? Quels sont les pratiques qui favorisent le cumul des ventes en ligne pour un libraire ?…

    Bien sûr qu’il faut investir dans le numérique. Mais pourquoi ce service plutôt qu’un autre. C’est peut-être en répondant mieux à ces questions que Place des libraires amènera plus de libraires à lui faire confiance ?

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    19
    05
    2008

    Les graphistes contre le Crowdsourcing

    L’Alliance française des designers vient de publier un appel (.pdf) contre les appels d’offres non rémunérés (voir le communiqué) : “Graphistes, designers en France, nous vous incitons à ne pas participer aux concours et appels d’offres qui ne prévoient pas de rémunération pour votre travail, et à ne pas démarcher en proposant des idées gratuites : le seul résultat à long terme est la détérioration de notre profession.”

    Via Fabien HuetEtienne Mineur et Linfographik.

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    19
    05
    2008

    BookRabbit : la bibliothèque en mode visuel

    Au croisement de l’e-commerce et du site social de lecture, Bookrabbit permet aux utilisateurs de montrer leur bibliothèque, en photo et de pointer ensuite sur chacun des ouvrages, comme le montre cet exemple. La plate-forme souhaite également inciter les internautes à poster des critiques de livres en vidéo, via sa webtv. Assurément, une exploration de comment parler des livres sans texte assez étonnante.

    Via Guillaume Teisseire de Babelio (par e-mail).

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    17
    05
    2008

    La main à la pâte

    Ce que j’aime et trouve fantastique dans l’expérience de Publie.net, c’est que François Bon ait été capable d’aller dans cette aventure, peu d’auteurs en auraient eu les couilles. Ensuite, c’est qu’il nous la fait vivre de l’intérieur, toujours d’un peu plus près. Qu’il nous fait partager cette expérimentation et la richesse d’expérience qu’elle lui apporte.

    Dans son dernier texte sur le sujet (à lire, car forcément essentiel), il nous rappelle que “les éditeurs papier n’impriment plus les textes qui nous concernent”. Que la littérature disparaît des librairies et des catalogues des éditeurs. Que le Net est plus qu’un refuge. Il est désormais le seul endroit où exister. “Pour que la littérature pèse, pour que le monde des logiciels et des outils prenne en compte nos textes, nos exigences, à nous de les proposer dès à présent sur le Net.”

    François expérimente comment on peut faire un texte pour un écran et non plus une feuille de papier. “Une des réticences à la forme pdf, c’est d’abord le constat : on a de plus en plus souvent à en manipuler, mais dans la plupart des cas, il s’agit de documents traitement de texte, préparés pour l’imprimante de bureau, et transformés tels quels en pdf. Effectivement, rien de plus triste.” S’il s’enthousiame pour Adobe Digital Edition, cet iTunes du .pdf, c’est parce qu’il transforme la lecture du .pdf que l’on connait trop bien, c’est parce qu’“il s’agit véritablement de lecture, et non pas de laborieuse visualisation du pdf”.

    De son expérience, il tire des questions qui interrogent d’autres secteurs, comme le monde académique, pour que la littérature et la recherche d’aujourd’hui soient sur les écrans des étudiants d’aujourd’hui. “Il est de notre responsabilité d’installer dans les pratiques numériques les contenus qui nous importent, et c’est tout de suite.”

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    15
    05
    2008

    Un manifeste de l’éditeur numérique

    Sara Lloyd, à la tête des publications électroniques de Pan Macmillan vient d’initier (en 6 billets) un manifeste pour l’éditeur numérique sur Digitalist. Un propos important, qui ouvre des perspectives et que je partage entièrement en tout cas. Je me suis permis de traduire ses textes (avec l’aide de quelques coreligionnaires, voir en commentaire).
    Première partie :

    “Les ventes d’imprimé sont en baisse. Selon le rapport 2007 du Fonds national pour les arts [National Endowment for Arts], Lire ou ne pas lire, niveau de lecture et taux de lecture volontaire sur des supports imprimés traditionnels sont tous deux en baisse chez les jeunes. Les éditeurs de manuels se battent pour vendre, en lançant des campagnes afin de signaler aux apprenants la nécessité d’utiliser leurs produits. Les ouvrages de fiction reliés ont quasiment disparu à la manière des dinosaures. Le débat sur le libre accès fait rage. Éditeurs et détaillants ont fusionné. On produit de plus en plus de livres, mais de moins en moins de choix est proposé au consommateur. Le temps de loisir se reporte des livres et de la lecture, et même de la télévision, vers le Web; vers les sites de réseautage social, les blogs, les messageries instantanées, les sites de partage de vidéo et de musique. L’économie de l’attention se rétracte, vite. La recherche académique, pour beaucoup d’étudiants, se ramène à la recherche en ligne. Il faut s’y résoudre, pour la plupart des étudiants, en fait, il ne s’agit que de Google. Qui a encore besoin de livres ? Plus précisément, qui a besoin d’éditeurs ?

    Dans un monde ‘toujours branché’ où tout devient de plus en plus numérique, où le contenu est de plus en plus fragmenté et morcelé, où les ‘pro-sommateurs’ réunissent les rôles traditionnellement disjoints de producteurs et de consommateurs, où la recherche en ligne remplace la bibliothèque et où ce sont les compilations [mash-ups] multimédia — pas les textes — qui attirent la génération nativement numérique qui grandit vite dans le futur marché de masse, quel rôle les éditeurs ont-ils encore à jouer et comment devront-ils évoluer pour maintenir leur rôle dans la future culture de l’écriture et de la lecture ? Existera-t-il une culture de l’écriture et de la lecture telle que nous la connaissons, demain ? Est-ce que l’industrie de l’édition réagit assez rapidement et travaille suffisamment créativement pour s’adapter à la nouvelle économie de l’information et des loisirs ?


    L’édition est une vieille industrie et a ses fondations solidement ancrées dans la culture de l’imprimé. Le modèle de la publication a évolué au fil d’une histoire très lente, selon un modèle organique. (…) [Un secteur] qui a connu peu de changement radical. (…) La montée de l’internet a commencé à perturber cette structure linéaire (…) Plus problèmatique, peut-être, il a soulevé la possibilité de voir l’éditeur être écarté (désintermédié) par ce qui était un obstacle critique qui était avant offert uniquement par l’éditeur : la distribution !

    Les éditeurs - et, surtout, les auteurs - devront de plus en plus d’accepter d’énormes changements culturels, socio-économiques et éducatifs et y répondre par un esprit positif et créatif. Nous devons réfléchir beaucoup moins sur les produits et beaucoup mieux sur les contenu, nous aurons besoin de penser “le livre” comme une base ou structure de base. Nous aurons besoin de travailler sur la façon de positionner le livre au centre d’un réseau plutôt que la façon de le distribuer à la fin d’une chaîne. Nous devons reconnaître que les lecteurs sont aussi des écrivains et des leaders d’opinion (…). Nous devons comprendre que des parties de livres de référence font parties d’autres livres et que, désormais, le réseau de sens doit être tissé numériquement, d’une manière très réelle, au coeur de contenus publiés et organisés entièrement par des entités distinctes. Peut-être plus radicalement, nous aurons à examiner si notre priorité sur le texte est toujours valide dans un monde multimédia et de remixage permanent. En d’autres termes, les éditeurs devront penser différemment la nature même du livre et, en parallèle, penser différemment la façon de commercialiser et de vendre les “livres” dans le contexte d’un monde connecté. Fondamentalement, nous devrons comprendre comment nous pouvons ajouter de la valeur en tant qu’éditeurs dans un environnement en réseau.

    L’un des principaux changements de perception que les éditeurs doivent accomplir repose sur le livre comme “produit”. Tant que le livre continuera d’être considérée comme un objet défini, enfermé dans sa couverture, comme une “unité” singulière, les éditeurs continueront à limiter leur rôle dans ses nouvelles formes de production et de distribution (…).

    La perception du livre comme un objet fermé (locked-in), comme une unité ou produit, a également conduit la perception du numérique comme une “stratégie” consistant en grande partie à la numérisation de textes imprimés afin de créer des livres électroniques. Cette focalisation a conduit à une conception obsédante de “l’objet de lecture” [le reading device, c’est-à-dire la liseuse] et à la croyance en un killer device [un objet tueur] qui serait la clé pour libérer l’avenir du livre électronique, à la façon dont l’iPod l’a été pour la musique. Il s’agit d’une perspective erronée, pas tant parce qu’elle ne parvient pas à reconnaître l’énorme potentiel de la lecture en ligne qui se déroule déjà sur des non-livres comme des ordinateurs de bureau, des ordinateurs portables, des assistants personnels et des téléphones mobiles, mais surtout parce qu’elle ne parvient pas à reconnaître que la nature même des livres et de la lecture est en train de changer et continuera à changer profondément.

    Ce qui est absolument clair, c’est que les éditeurs doivent devenir des facilitateurs de la lecture et de ses processus (discussion, recherche, prise de notes, écriture, référencement) et prendre place dans une multitude de plates-formes pour accompagner les lecteurs à travers tout les différents modes de lectures et d’activités.”

    La suite, deuxième partie :

    “Le Kindle d’Amazon est probablement le premier dispositif de lecture à reconnaître l’importance de la connectivité entre nos différents modes de lecture, l’ajout de la connectivté sans fil à l’appareil et sa capacité (bien que limitée) de se conecter aux blogs et journaux en ligne est un premier pas vers la reconnaissance de la “fragmentation”, c’est-à-dire la nature même des habitudes de lecture de la population d’aujourd’hui, ce qui permet aux lecteurs de passer de façon transparente de la lecture de quelques pages d’un roman, à quelques infos, avant de passer au flux d’un blog (…).

    La lecture n’est pas une activité qui peut être défini de manière simple et elle est trop souvent décrite comme un solitaire, immersive, comme quand on lit un roman pendant des heures. Il s’agit là d’un seul type de lecture, et il est important de reconnaître que la fiction narrative représente moins de 25% de l’ensemble du marché du livre. En tout état de cause, même si un lecteur solitaire passe quelques temps à lire, les lecteurs ont toujours aimé traditionnellement d’échanger des vues et des idées sur le contenu des livres, à tour de rôle les coins de pages dans lesquelles apparaissent des passages préférés à laquelle ils veulent se référer à nouveau, et à rédiger des notes dans les marges. La lecture est beaucoup moins passive que l’activité ne le laisse supposer, et elle est liée à de nombreuses et diverses activités connexes. L’internet n’a pas créé une approche plus active ou proactive de la lecture, mais l’a amélioré, lui a permis de se produire sur un plus grand nombre de réseaux disparates et lui a permis d’être enregistrés et agrégées de nouvelles façons. La façon dont les livres commencent à vivre sur l’internet sera certainement la plus palpable incarnation des théories de Roland Barthes sur la mort de l’auteur, dans laquelle l’auteur n’est plus considéré comme un créatif influent, mais comme un scripte, dont chaque travail est éternellement en cours d’écriture et de réécriture, parce que l’origine du sens repose uniquement sur le langage lui-même et son impression sur le lecteur.

    Les éditeurs doivent fournir les outils d’interaction et de communication autour du livre et à être actifs au sein de l’espace numérique dans lequel les lecteurs peuvent discuter et d’interagir avec leur contenu. Fournir des possibilités de commentaires, pour permettre aux lecteurs de se connecter à d’autres lecteurs et de dialoguer ensemble sera assurément une fonction de base. Les lecteurs sont déjà connexion les uns avec les autres - par le biais des blogs, des forums de discussion, des sites sociaux de partage de livres… Les éditeurs doivent être au centre de ces conversations numériques. Ils doivent conduire leur développement et leur fournir les outils pour que les lecteurs puissent dialoguer avec le texte et avec les uns avec les autres. (…)
    Les blogueurs mélangent leurs textes avec des images fixes ou animées. Les jeunes pensent que ce mélange médiatique pour acquis et nous-mêmes, en tant que consommateurs, faisons la même chose : nous regardons à la télévision les adaptations de nos livres préférés, nous utilisons le web pour faire des recherches sur un auteur et discuter de son oeuvre. La nouvelle génération de lecteurs “translittéraires” considère que le texte doit être entouré de recherches, d’images, de réseaux de lecteurs, faisant partie intégrante de l’oeuvre d’art, laissant la voix de l’auteur distincte, mais plus jamais isolée.

    Non. Tous les livres ne doivent pas être mis en réseau. Il y aura encore une place pour la lecture solitaire, immersive, à l’avenir. Je l’espère. Mais les éditeurs devraient être les mieux à même de définir quel sera la forme de ce “livre en réseau”, parce que s’ils ne le font pas, quelqu’un d’autre le fera à leur place.”

    Troisième partie :

    “Alors que les bords du livre deviennent plus poreux, la notion du “livre comme unité” disparaît peu à peu : de nouveaux modèles d’affaires émergent déjà. La valeur de la chaîne se déplace d’un modèle qui entrelace le contenu avec la distribution à un modèle qui se limite à valoriser le contenu. Tim O’Reilly a construit Safari Book, un service d’abonnement à des livres électroniques, qui a des revenus supérieurs à tous ceux cités pour l’ensemble de l’industrie du livre électronique téléchargeable. Comme il le fait remarquer dans un billet récent intitulé “mauvais calculs pour les amateurs de livres électroniques” (5 décembre 2007) : “pour le genre de livres que vous n’avez pas lu du début à la fin - mais que vous avez besoin d’utiliser pour faire un travail d’apprentissage, de recherche d’information, ou quelque chose de nouveau -, le modèle d’abonnement peut-être plus approprié [que celui des prix unitaires]. Avec Safari, nous sommes passés d’une bibliothèque modèle (dans laquelle vous mettez tous les livres sur une étagère sans pouvoir les échanger) à un modèle où tous les contenus sont accessibles, parce que nous avons découvert que les gens consomment à peu près le même montant de contenu indépendamment du nombre de titres que vous mettez à leur disposition. Le modèle “Tout ce que vous pouvez manger” permet de comprendre que les gens ont besoin de davantage de livres, mais il ne fait pas augmenter le montant total du contenu qu’ils consomment. Il se borne à changer la distribution, en favorisant la longue traîne.”

    Comme le remarque Scott Karp dans son article sur l’avenir de l’édition imprimée et des contenus payants (6 décembre 2007) dans Publishing 2.0 : “l’accès instantané à une bibliothèque numérique de recherche est une forme radicalement différente de distribution que l’achat d’ouvrage de référence. Mais ce qui est fascinant, c’est “qu’il ne fait pas augmenter le montant total du contenu qu’ils consomment”. Malgré un modèle de distribution radicalement différent, les gens continuent d’utiliser le contenu de la même manière. En libérant les livres dans une bibliothèque numérique, les consommateurs continuent de les utiliser via le moteur de recherche et par l’accès à des informations spécifiques. Ainsi, même quand les consommateurs estiment que la valeur du contenu est suffisante pour qu’ils la payent, ils comprennent intuitivement que cela ne coûte pas beaucoup plus à l’éditeur de rendre le contenu numérique disponible et d’offrir l’ensemble de ses livres, physiquement, sur un plateau. C’est la raison pour laquelle les consommateurs ne sont pas prêts à payer l’équivalent en prix de celui de l’achat de tous les livres papier. Vous ne pouvez pas vendre un billet d’autobus le même que celui d’un billet d’avion simplement parce que les deux vous mènent du point A au point B - il coûte beaucoup moins cher de conduire un taxi que de voler un avion.”

    L’éditeur de Science fiction en ligne, Baen Books, a mis en place un service web par souscription qui permet d’accéder à du matériel de pré-publication et qui montre le succès de passer de la distribution unitaire à une tarification souple permettant l’abonnement. Le modèle De Bean Books consiste à rendre disponible ses romans, en feuilleton progressifs, trois mois avant leur date de publication. Chaque mois, quatre livres sont disponibles pour 15 dollars par mois. Deux semaines après que le dernier feuilleton de chaque livre ait été distribué, les livres sont disponibles en librairie.

    Les éditeurs s’éveillent lentement à l’idée que, les livres en ligne ne peuvent pas demeurer des îles, pas plus que l’éditeur d’ailleurs.

    Les lecteurs de livres font peut attention, voire pas du tout, à la marque de l’éditeur. Certains auteurs sont déjà des marques connues, mais les éditeurs sont largement invisibles aux consommateurs en terme de reconnaissance de marque. En ligne, les éditeurs doivent admettre que les lecteurs veulent simplement le contenu qu’ils désirent : rapidement, simplement, sans barrière ou murs aléatoires pour sélectionner les contenus, du fait qu’un contenu appartient à un éditeur et un autre à un autre. Un réseau de livre utile devrait toujours traverser les frontières entre les éditeurs. Dans le monde des revues, ce problème a été dépassé par des plates-formes trans-éditeurs et des systèmes de liens comme on les connaît chez CrossRef ou IngentaConnect. Alors que le livre arrive en ligne, des développements similaires doivent être envisagés pour connecter les multiples références entre les livres publiés par des éditeurs différents. Reste que les éditeurs de livres ont été bien plus lents à développer ce type de plate-formes par rapport aux éditeurs de revues, peut-être parce que la nature critique des citations dans la publication de revue offrait une perspective stratégique et commerciale plus claire.

    Dans le marché de l’éducation enfin, les exigences de la publication personnalisée à laquelle les institutions, les universités et les étudiants sont confrontés sont certainement capables de construire des matériels et des manuels sur mesure depuis les contenus de multiples éditeurs. Reste que les éditeurs devront trouver les moyens de descendre de leur tour d’ivoire pour travailler ensemble.”

    Quatrième partie (traduction Alain Pierrot) :

    “La personnalisation ne s’arrêtera pourtant pas à la compilation de multiples textes. Un point à propos du monde du Web 2.0 qui a peut-être choqué plus que tout autre les entreprises des médias traditionnels est le désir des consommateurs de produire et partager des contenus multimédia personnels plutôt que, ou en complément, à la consommation passive de médias diffusés jusqu’à eux par les sociétés commerciales. L’explosion des blogs, la popularité des sites de partage de photo numérique, le succès de YouTube pratiquement du jour au lendemain, la montée du “journalisme citoyen”, le développement de “machinima” (la création de films ou clips créés par les joueurs en manipulant les personnages de jeux vidéo) témoignent tous du fort désir que les individus ressentent de s’exprimer, d’exprimer leur créativité et de partager leurs productions avec le monde via le Web. Comme Jeff Gomez le signale dans son livre Print is dead [L'Imprimé est mort], la génération émergente des “indigènes du numérique” [“digital natives”] a rapidement progressé du diplôme de ‘Génération réception en ligne’ [“download”] à celui de ‘Génération émission en ligne’ [“upload”]. Et tandis qu’une nouvelle génération de lecteurs interagit avec les textes, les éditeurs en ligne feront bien de prendre position pour dompter les données en réseau et l’intelligence collective produite par l’annotation sociale et la création de médias, la somme de la “Sagesse de Foules”, et d’appliquer ça à leur [? “its”] développement de nouveaux contenus et leur marketing.

    Mais comme les textes deviennent de plus en plus imbriqués et les contenus annexes et commentaires générés par les “pro-sommateurs” croissent, et comme le modèle de distribution évolue de la chaîne linéaire au réseau, le pouvoir de la recherche — autrement dit Google, au moins dans le monde d’aujourd’hui — ne fera que s’accroître. L’économie de la distribution a perdu de la valeur du fait du flux de contenu numérique, mais l’accès — et la recherche — sont devenus cruciaux. Les éditeurs du domaine du grand public, spécialement, — et Amazon aussi — pourraient bien prêter beaucoup trop d’attention à l’avenir du téléchargement. Est-ce qu’il se pourrait qu’Amazon parie sur le mauvais cheval en faisant l’hypothèse qu’appareil (Kindle) plus plateforme de distribution (Amazon eBook store) seront la combinaison gagnante ? Beaucoup d’éditeurs regardent avec intérêt le monde du téléphone mobile, et encore plus surveillent particulièrement attentivement Apple pour voir comment iPhone et iTouch pénètrent le marché, et si l’un ou l’autre est largement adopté comme dispositif de lecture. Les deux appareils sont déjà très adaptés au texte et Apple va vraisemblablement améliorer ce point. Comme Adam Hodgkin le signale sur un billet de novembre 2007 de son blog Exact Editions, intitulé “Amazon versus Google pour les livrels ?” :

    “Google avec son programme de recherche de livres Google Book Search [GBS] et ses alliances avec éditeurs et bibliothèques va occuper la place qui apparaîtrait autrement comme celle d’Amazon, et devenir notre source préférée d’accès à la littérature publiée. Amazon semble avoir pris un mauvais virage en supposant que la distribution, plus que l’accès et la recherche, est le facteur clé pour l’imprimé numérisé.

    Le blog Teleread a donné l’analyse la plus exhaustive des liseuses Kindle et Sony eBook. David Rothman qui signe beaucoup des billets de TeleRead reconnaît ne pas être loin d’être un adepte militant du
    Kindle; il le serait probablement, si le Kindle évitait les Mesures techniques de protection [DRM] et adopte le standard .epub de l’Open eBook. Mais que dirait Google du format .epub ? Google va ignorer .epub, qui est antagoniste à leur modèle économique de vente d’espace publicitaire. L’approche de Google Book Search rend les téléchargements sans objet (les téléchargements à partir de GBS sont très chaotiques, bien moins utilisables que l’usage en ligne de GBS). En fait, pour Google, les téléchargements sont tout aussi démodés et inutiles que les DRM.

    Google et Apple, à eux deux, ont déjà la solution pour les livrels (et ce n’est pas une solution de téléchargement). Lire et chercher sur iPhone, accéder via un navigateur Web, n’importe quoi d’imprimé peut être manipulé de cette manière. Ou plus précisément : tout ce qui est imprimé peut être manipulé de cette manière. Tout sera recherché via le Web, on accédera à tout via le Web. Les téléchargements se révèlent dans une large mesure non pertinents. La question est : que pensent faire auteurs et éditeurs à ce propos ?

    Réponse : “Peut-être les éditeurs devraient-ils essayer eux-mêmes de vendre/accorder un accès direct”. À part Google avec sa recherche de livres, les éditeurs constituent le deuxième paramètre sur le marché qui ait une opportunité prometteuse si le système de téléchargement sur Kindle d’Amazon implose… Après tout, les éditeurs scientifiques et techniques ont fait une tentative raisonnable de création d’un marché numérique pour leurs périodiques en science technique et médical (STM). Les éditeurs de livres doivent créer des opportunités d’accès et imaginer comment vendre en direct du numérique.”

    Cinquième partie (traduction Alain Pierrot) :

    La question n’est plus “Les consommateurs liront-ils sur écran à l’avenir ?” ou “Trouvera-t-on tout contenu sur l’internet ?”. La question est plutôt “Comment les consommateurs liront-ils sur écran à l’avenir ?” et “Comment trouvera-t-on tout contenu sur l’internet ?”. Et comme les éditeurs ont tardé à entrer dans la fête en ligne, la question qui se cache derrière tout ceci est quel rôle - s’il y en a un pour eux -, les éditeurs ont-ils dans l’avenir numérique ?

    C’est un avenir qui n’est pas trop lointain et dans lequel les textes sont potentiellement de plus en plus imbriqués, depuis de multiples sources d’information et tous types de médias amalgamés [mashed]. Une combinaison de recherche et de réseaux sociaux fournit l’entrée et le guide dans ces contenus en ligne. Peut-être les éditeurs peuvent-ils s’installer dans de nouveaux rôles d’intermédiaires : aider les auteurs à écrire via des plateformes, ou réunir auteurs et lecteurs de manières novatrices et créatives. Cependant, dans une large mesure, sur un plan strictement technique au moins, on n’a pas besoin du tout des éditeurs pour ces fonctions. Il y a une formidable quantité de logiciels et d’application disponibles en ligne qui peuvent accomplir tout ça. Des initiatives comme CreateSpace d’Amazon rassemblent auteurs et lecteurs puis appliquent la “Sagesse des Foules” pour s’assurer que le meilleur contenu et le plus populaire prenne le dessus [NDT: Des propositions comme ça me donnent envie d'écrire plutôt “Sagesse des Fools”]. On pourrait peut-être objecter que les éditeurs seront toujours nécessaires pour assumer — ou au moins partager — le risque financier de la publication d’une œuvre, mais à nouveau, si l’on retire de l’équation le coût de distribution de l’imprimé, et si l’impression à la demande permet d’imprimer un seul exemplaire pour chaque commande, la mise de fonds en termes de production, de stockage et de livraison des produits disparaît [NDT : c'est tout de même un peu rapide].

    Les éditeurs doivent travailler rapidement à définir ce qu’est la quintessence de l’édition, quelle est la valeur fondamentale de l’apport de l’éditeur au-delà de la technicité de mise en relation de contenus avec des lecteurs. Quand on est contraint à y réfléchir, beaucoup de ce que les éditeurs ont à offrir au delà de leur apport technique est d’ordre qualitatif plutôt que quantitatif : du service [stewardship], du conseil, un imprimatur. Les auteurs continueront-ils à estimer cela assez précieux pour croire que les éditeurs jouent un rôle crucial dans la publication de leurs œuvres ?

    Il y a une intéressante question d’échelle à poser. Les éditeurs devraient-ils joindre leurs forces pour créer des plateformes multi-éditeurs, pour dominer des réseaux de contenus en développant une masse critique transversale aux types de contenus et en s’assurant que celui-ci est inter-relié des manières les plus valables et les plus riches ? Si c’est le cas, alors les éditeurs sont probablement dans l’erreur en concédant ce rôle à Google. Dans sa forme actuelle, Google Book Search fournit déjà la clé d’accès à du contenu livre multi-éditeur. GBS crée, de fait, la plateforme de livres en ligne. GBS fait peu pour relier les textes variés entre eux, mais ça devrait logiquement être une prochaine étape. Tout éditeur qui persiste à considérer Google comme un partenaire bénin qui contribue à mettre en lumière son précieux contenu sur l’internet a la tête fermement enfoncée dans le sable. Sur l’internet, que des éditeurs tentent de résister à Google est de l’ordre d’un petit banc de poisson tentant de repousser un raz de marée. En fait, ‘résister à Google’ pourrait bien ne pas être du tout la réponse à apporter : il faut trouver une manière d’offrir un complément à Google ce qui est d’autant plus difficile quand ce géant a tant de facilité à bouger et occuper de nouveaux espaces numériques. Et l’annonce tranquille de Google qu’il invitera les utilisateurs d’internet à produire des ‘Knols’ (unités de connaissance, introductions aux thèmes qui apparaîtront quand un utilisateur lancera une recherche sur ce sujet) a été largement montée en épingle comme une attaque directe contre Wikipedia, alors qu’il est bien plus juste d’y voir un signal fort d’un mouvement du moteur de recherche dans l’espace de l’édition.

    Peut-être la seule manière d’y répondre sera-t-elle pour les éditeurs de revenir à une concentration sur le développement d’expertises spécialisées autour de niches verticales en tirant parti de la ‘niche profonde’ fournie dans le monde de la longue traîne de l’internet, si bien décrit par Michael Jensen dans son article du Journal of Electronic Publishing sur ce sujet.

    Dans ce contexte les éditeurs concentreraient la valeur autour d’une expertise sur un sujet ou un genre et une connaissance intime, directe d’un marché, en fournissant des fonctions éditoriales et promotionnelles au delà d’une simple ‘prestation technique’. Dans ce scénario les éditeurs devraient revenir plus loin sur le territoire de filtre et conseil éditorial et reconcentrer des énergies sur leur rôle (souvent abandonné) de cornac des carrières d’auteurs (un espace actuellement au moins partagé avec les agents dans l’espace du livre grand public). Ils devraient aussi développer des marques autour de niches par sujet ou genre afin que leurs plateformes puissent gagner de l’attrait face à celles de leurs concurrents et devenir bien meilleures en vente et promotion directes. Les éditeurs auront besoin de pénétrer plus loin dans l’espace de la vente au détail en développant des relations directes avec les consommateurs s’ils doivent devenir un pont efficace entre auteurs et lecteurs. Quelle que soit la forme que prenne l’avenir, il semble que les éditeurs ne survivront pas à moins de regagner certains des rôles qui, au fil des années, ont été remis à d’autres partenaires de la chaîne de distribution.”

    Dernière partie :

    “Les éditeurs ont toujours parlé avec fierté de leur rôle de gardiens du droit d’auteur, conservateurs de la culture, mais combien savent vraiment assurer la conservation d’une archive numérique ?

    Avec le développement des interconnexions à l’intérieur et à travers les archives provenant de multiples éditeurs, ce serait un rôle à prendre important pour les éditeurs, mais Google n’a-t-il pas déjà pris la place, là aussi ? Le monde de l’édition attend les résultats de la bataille juridique entre Google et la Guilde des auteurs, mais d’une certaine façon, la généreuse interprétation de Google sur le droit d’usage ne sert-elle pas à dissimuler un sentiment de honte que les éditeurs n’aient pas les premiers choisis d’investir dans la numérisation de masse (…). De nombreux historiens, archivistes et bibliothécaires sont préoccupés par l’impact possible sur la qualité du contenu d’une méga-industrialisation [de la numérisation] dont les règles seraient l’élargissement de la recherche, le potentiel publicitaire (…).

    L’historien Robert Townsend a présenté quelques-unes des lacunes sur les contenus et les métadonnées fournies par l’intermédiaire de Google Book Search et se demande: “… Après quoi court-on ? Dans le cas de Google la réponse semble assez clair. Comme toute grande entreprise avec beaucoup de trésorerie de l’entreprise semble préoccupé par le gain d’autant de part de marché que possible, afin d’écarter la concurrence tout en augmentant le nombre de personnes cliquant sur ses très lucratives annonces ou sur une location d’une copie de livres. Mais je ne sais pas pourquoi nous devons partager le sentiment de précipitation de cette société. Les bibliothèques qui fournissent le contenu, ainsi que toute autre personne qui se soucie d’enrichir l’environnement numérique, ont besoin de se soucier du coût potentiel de création d’une “bibliothèque universelle”, remplie d’erreurs et d’un écran de fumée de mauvaises informations. Comme les historiens nous devrions méditer sur les coûts de l’histoire si les vraies bibliothèques étaient emplies de versions numériques remplies d’erreurs et enterraient les originaux à la benne. Nous devons peser le coût historique de la pensée si la seule information de fond qu’on peut glaner de Google ressemble à une série de faits et de dates qui ont donnés aux cours d’histoire une si mauvaise réputation. Pour l’instant, il semble (…) que cela se répercuterait sur notre discipline (…) (Robert Townsend, Google Books : Est-il bon pour l’histoire ?, Septembre 2007).

    Alors que Google a permis de rendre le contenu des livres “découvrable” en ligne, les éditeurs ont mis du temps à maîtriser les techniques web pour promouvoir et vendre des livres, à la fois sur papier et en formats numériques. Nombre d’entre eux sont encore très loin de savoir gérer les bases : de créer systématiquement, stocker et disséminer des chapitres, des extraits, d’avoir des interviews audio ou vidéos de leurs auteurs, de proposer les lieux et horaires des rencontres avec les auteurs, de lier vers les critiques médias, sans compter utiliser le matériel disponible sur les sites sociaux ou le matériel bibliographique.

    Il faudra bien que les éditeurs trouvent un moyen de cohabiter avec Google et les autres moteurs de recherche, afin de s’assurer que leurs contenus est référençable par les moteurs, mais à leurs condition (…). Les éditeurs pourraient certainement jouer un rôle pour essayer de travailler avec Google et les autres moteurs pour assurer que les meilleures normes de qualité soient respectées, que les métadonnées soient fiables, que les futurs utilisateurs des archives numériques trouvent mieux que des “informations suffisantes” et pour qu’ils soient capables de semer de meilleurs matériaux numériques pour mieux accompagner les auteurs et leurs livres. (…). Quoiqu’il en soit, il va falloir, pour les éditeurs, dépasser leurs frontières traditionnelles et pour développer l’édition de demain, il leur faudra accomplir une révolution dans la forme, leur culture et leur approche du numérique. Les stratégies d’édition numérique devront passer de la défense ou de la protection à la création, en mettant l’accent sur le fait d’offrir des possibilités aux lecteurs pour qu’ils partagent et transforment ce qu’ils lisent. Passer de la centralité du texte (text-centricity) au multimédia sera essentiel, ce qui aura des répercussions sur les types de droits que les éditeurs devront négocier ainsi que sur les compétences dont ils auront besoin dans leurs personnels. Les éditeurs doivent se considérer comme des façonneurs et des facilitateurs plutôt que comme des producteurs et des distributeurs. Ils doivent prendre une approche projet plutôt qu’une approche produit et envisager leur place comme un élément composant le circuit de publication entre l’écrivain et le lecteur. Ils devront adopter de nouveaux business modèles et ils devront apprendre à devenir des médias plutôt que des sociétés d’édition. Ils auront besoin de comprendre, de savoir et de se connecter avec leurs lecteurs beaucoup beaucoup mieux qu’ils ne le font et ils auront besoin de développer des marques qui auront plus de prestige pour leurs auteurs et plus de valeurs pour les consommateurs (…). Enfin, ils devront se préparer à une lutte à mort, non seulement avec leurs partenaires de la chaine de distribution, mais aussi avec des concurrents nouveaux qui sont rapidement en train de dévorer l’espace qui leur a traditionnellement été réservé. “

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    14
    05
    2008

    Que veulent les utilisateurs ?

    Il suffit de le leur demander. C’est ce qu’à fait l’équipe de LibraryThing en récoltant quelques 259 réponses à leur enquête sur” comment rendre LibraryThing meilleur”. Parmi les propositions : ajouter des livres par SMS, trouver un moyen pour lier les livres qui parlent d’un autre livre entre eux, distinguer les meilleurs contributeurs, …

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    14
    05
    2008

    L’expérimentation fait naître de nouveaux produits

    Une étude du Groupe de réflexion sur l’industrie du livre (américain) révèle que pour une majorité d’éditeurs, les expérimentations conduisent au développement de nouveaux produits, souligne Publisher Weekly.
    Donc, un seul mot d’ordre : EXPERIMENTEZ !

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    05
    2008

    Ce que la lecture à l’écran peut transformer

    Passer des livres papier aux livres électroniques, qu’on lit sur un écran d’ordinateur, de mobile ou de liseuse, transforme radicalement la lecture, rappellent Richard Bawden et Mark Harding de KPMG en évoquant les scénarios futurs du marketing du livre. Or, pour l’instant, les éditeurs se contentent de faire glisser leur contenu vers le numérique, sans rien n’y ajouter.  “Les éditeurs doivent comprendre que les livres à l’écran augmentent l’expérience de lecture, avec du son ou de l’image qui ajoutent de nouvelles dimensions. Pensez à l’impression que ferait le souffle de la neige s’ajoutant à la lecture quand Lucy traverse l’armoire et entre dans Narnia pour la première fois, voilà qui offrirait des plaisirs extra-sensoriels supplémentaires aux jeunes lecteurs.”

    L’exemple est certainement bien choisi, parce qu’il parle aux gens. Mais là encore, que serait un livre augmenté de sons ? Un livre avec de la musique de supermarché du début à la fin ? Faut-il entendre le souffle du vent de la Terre de Feu de Coloane pour être transporté ? Y’aura-t-il des différences sonores entres éditeurs, certains exploitant des sons de moins bonnes qualités que d’autres ?…Les éditeurs de livres sonore le savent assez bien, mais ils maitrisent le rythme de lecture ? Comment déclencher un son à la seule lecture du livre ? Juste quand les yeux passent sur un passage ?

    Voilà qui n’est pas infaisable techniquement, mais plus complexe qu’il n’y paraît en tout cas et faut-il en user avec modération ou pas ? Les innovations posent toujours plus de questions qu’elles n’en résolvent !

    Via Toc.

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    13
    05
    2008

    Que faire des orphelines ?

    Excellent article du BBF sur les oeuvres orphelines, c’est-à-dire les oeuvres dontun ou plusieurs titulaires de droit d’auteur ou de droits voisins sur une oeuvre protégée et divulguée ne peuvent être identifiés ou retrouvés malgré des recherches avérées et sérieuses“. Des oeuvres qui représenteraient jusqu’à 40 % des fonds de la British Library selon une étude de 2006. Une tribune qui critique l’avis (.pdf) émis par le Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique (CSPLA) qui évoquait que les institutions comme les bibliothèques souhaitant utiliser une œuvre orpheline devraient procéder à des «recherches diligentes» (c’est-à-dire préalables et sérieuses) des titulaires de droits, et en cas d’échec, se tourner vers des sociétés de gestion agrées par le gouvernement pour solliciter une licence provisoire, en échange d’une rémunération fixée par négociation directe entre la bibliothèque et la société de gestion. Une solution irréaliste qui “ne bénéficiera pas réellement aux auteurs eux-mêmes et qui ne ménage aucun traitement préférentiel aux initiatives à visée culturelle”, conclut Lionel Maurel : les bibliothèques n’ont pas les moyens humains et financiers de faire ces recherches.

    L’article regarde avec raison ce qui se fait de mieux à l’étranger pour nous en inspirer. Et si une partie des droits récupérés des oeuvres orphelines servaient justement à faire des recherches en paternité d’oeuvres, plutôt qu’elles ne soient dévolues aux institutions ?

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    05
    2008

    Authonomy : dans l’océan des manuscrits

    James Brindle revient sur le lancement d’Authonomy, le site d’HarperCollins pour permettre aux auteurs de soumettre à la critique leurs écrits. Assez d’accord avec sa remarque qui souligne que le problème va être de construire une communauté, alors que les écrivants sont souvent plutôt paranos et ne craignent qu’une chose : qu’on leur vole leur travail ! Tout le contraire de leur devise : “Ici, à authonomy, nous pensons qu’il vaut mieux afficher votre talent que le cacher - et que la probabilité que de bonnes choses vous arrivent sont plus grandes si votre manuscrit passe entre plus de mains et si les gens vous marquent leur soutien”.

    Il manque encore visiblement un système permettant d’apprécier le livre ou l’extrait qu’on a lu. C’est pourtant là l’outil capital de ce type d’interfaces : comment les lecteurs pourront-ils noter les manuscrits ou les extraits ? Pour l’instant, on peut juste les mettre dans sa bibliothèque ou ajouter un contenu à sa liste de livres à surveiller ou mettre un commentaire. C’est un peu court. Comme le montre les catégories retenues, l’objet ici est surtout de développer un espace pour des fictions, laissant de côté les essais. J’aurais plutôt fait le pari inverse pour ma part.

    Enfin, je pense que ce type de répertoire contient en lui-même ses limites et semble pouvoir nous faire croire que demain, ce type de site réussira à faire émerger son auteur, alors que les maisons ont déjà du mal à écrémer les manuscrits qui leurs arrivent par ailleurs. Où publierait un auteur en devenir aujourd’hui ? Dans un répertoire de ce type ? Ou plus assurément sur son blog ? Partout où cela est possible ? Quelle promesse implicite fait-on à ceux qui postent des contenus sur ce type de site et que l’éditeur risque de décevoir ?

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    13
    05
    2008

    O’Reilly France ferme

    La filiale d’O'Reilly en France ferme. Xavier Cazin explique pourquoi O’Reilly France n’a pas eu le temps de montrer le potentiel du livre au format électronique.

    Et rappelle que les internautes ont des milliers de bonnes raisons de ne pas se rendre sur le site d’un éditeur à chaque fois qu’ils veulent acheter un livre.

    Mais le plus intéressant, c’est de voir la communauté et les clients venir dire leurs regrets. Bon courage à toute l’équipe, il y a là en tout cas, des talents à embaucher, incontestablement.

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    7
    05
    2008

    Mon livre de poche… et puis ?

    Le hasard m’a conduit sur le site du Livre de poche. Un site plutôt agréable au demeurant (peut-être un peu pauvre en information quand même, pour du livre de poche, on pourrait en avoir plus sur l’auteur, plus de critiques de presses, des liens qualifiés…, mais il y a un top des ventes, des recommandations de libraires, des actualités tout public). Je constate qu’ils ont rajouté une fonctionnalité : “Mon” livre de poche, un espace personnalisable qui permet de mettre de côté son carnet de lecture, de se composer sa bibliothèque à la Babelio ou LibraryThing… Mais seulement avec des livres de l’éditeur et sans aucune fonction sociale avec les autres internautes (sans même la possibilité de lier vers cet espace).

    Je me demande bien à quoi ça sert une fonctionnalité web 2.0 à la sauce 1.0 ?

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    7
    05
    2008

    Les tags dépendent du contexte bien plus que de l’objet

    Passionnante réflexion de Tim Spalding, comme toujours. L’inventeur de LibraryThing utilise un livre contreversé (Godless : the Church of Liberalism, tout un programme effectivement ;-) ) pour comparer les tags déposés sur ce livre par les utilisateurs d’Amazon et ceux de LibraryThing.

    lalonguetraineamazonanncoulter1.jpg

    lalonguetrainetaglibrarythinganncoulter1.jpg

    Il montre que les tags connaissent le phénomène de la longue traîne, se concentrant sur quelques-uns, mais il montre surtout que les tags dépendent du contexte dans lequel ils sont déposés bien plus que de l’objet qu’ils qualifient. Alors que les tags sur LibraryThing pour ce livre le décrivent (Politique, Libéralisme…), ceux d’Amazon n’ont pas la même fonction et servent comme des formes minimales d’expression, des mini-twitts (Détestable, Drôle, propagande, vomi…) . D’un côté le tag sert à comprendre, de l’autre il sert à donner son opinion.

    “Maintenant, les tags d’Amazon signalent quelque chose d’important : c’est un livre controversé ! (…) Je pense que les tags d’opinions corrompent la valeur du tag. (…) En tout cas, je pense que cet exemple démontre que le tag ne consiste pas à mettre les utilisateurs devant des contenus à tagger.”

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    2
    05
    2008

    Zunivers

    Les univers de Netvibes vous connaissez ? De plus en plus d’utilisateurs proposent désormais leur portail d’information sur le web. Certains éditeurs s’y sont même mis comme Milan, la Documentation française, M21 éditions. Les bibliothèques ne sont pas en reste comme le démontre les initiatives de celles de Digne, de Romans-sur-Isère, du réseau des bibliothèques municipales de Brest. On constatera des approches très différentes la première s’en sert surtout comme un recueil de liens, exploitant peut le RSS, alors que la seconde et la troisième exploitent beaucoup plus le RSS et la pervasivité des contenus.

    La seule question reste de pouvoir mieux monitorer les modules récupérés par d’autres utilisateurs… La grande inconnue, au final -comme dans beaucoup d’autres de ces expérimentations 2.0 - étant de connaître le taux de fréquentation de ces nouveaux portails d’information.

    PS : vous en connaissez d’autres je suppose ?

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    29
    04
    2008

    Biblioclips

    Mettre en valeur et en vidéo, avec un soupçon d’humour, sa bibliothèque : tel est l’objectif du “concours” Biblioclips lancé par Melvil Dewey et Jean-Philippe Rameau ;-) sur une idée du réseau des bibliothèques publiques de Montréal. En effet, le réseau des bibs de Montréal a inauguré un concours ouvert à ses usagers pour promouvoir le livre et la lecture, dont les résultats viennent d’être affichés. Il y a eu d’excellentes contributions (voir également de ce côté-ci). Le lauréat 2008 est superbe !

    Via l’Everitouthèque.

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    28
    04
    2008

    Un .pdf est-il un substitut à un livre ?

    Intéressante histoire racontée par Chris Anderson sur son blog, autour de la promotion d’Infected, un livre de Scott Sigler dont le .pdf a été rendu disponible par son éditeur gratuitement pendant 5 jours avant que livre ne soit disponible en librairie.

    Cory Doctorow s’en est pris très violemment à cette approche marketing, selon lui inadaptée à l’internet. Sur Boing Boing, explique-t-il, les ventes de livres sont dix fois plus fortes quand le livre dont on parle peut-être acheté directement plutôt qu’en précommande. Le marketing sur l’internet doit se cristaliser sur l’immédiateté : quelqu’un qui télécharge un livre d’une manière impulsive n’attendra pas quatre jours pour l’acheter. Selon lui, soit Crown - l’éditeur filiale de Random House à l’origine de cette initiative marketing - estime que les téléchargements gratuits permettent de vendre plus de livres soit il ne le croit pas.

    Chris Anderson a demandé à Shawn Nicholls, responsable du marketing en ligne chez Crown son opinion. Pour Nicholls : les .pdf gratuits font vendre plus de livres physiques. Mais alors que le mp3 est un substitut au CD, le .pdf n’est pas un substitut au livre papier, estime-t-il. Le but de l’initiative était de faire du buzz et de créer un sentiment d’urgence autour du lancement. Même si le .pdf du livre a été retiré du site officiel, cela n’empêche pas les copies de continuer leurs vies, remarque-t-il sans visiblement le condamner.

    En attendant le résultat semble atteint : le livre a été téléchargé 45 000 fois en 4 jours (contre 15 000 fois pour The Beautiful Children, l’expérience précédente de Random, qui avait publié ce livre en janvier et permis aux gens d’accéder au pdf gratuitement après la publication). Infected a grimpé dans les listes de ventes d’Amazon et le mini-site a été très visité. Selon Nicholls, peu de personnes se sont dites incommodées par le délai de commande ou l’impossibilité d’aller acheter son livre en librairie au moment de la promotion. Il explique que ces expériences leurs servent à mieux comprendre comment placer leurs produits et le gratuit dans la chaîne du livre.

    Mise à jour du 29 avril 2008 : Dans un genre un peu différent, mais sur le même principe, Del Ray offre le premier volume de sa série de romans pour ados, basée sur la Guerre des étoiles, pendant 15 jours à l’occasion de la publication du dernier numéro de la série, rapporte le ReadWriteWeb.

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    25
    04
    2008

    HarperCollins beta

    L’éditeur anglais vient de dévoiler la beta de son nouveau site, et elle mérite le coup d’oeil.

    L’innovation de cette nouvelle version est qu’elle permet aux gens de tagguer les livres de l’éditeur, de leur attribuer des étiquettes. Fonction intéressante, car elle permet aux utilisateurs d’apporter leur vision sur le catalogue de l’éditeur (même si on a du mal à comprendre, en tant qu’utilisateur, pourquoi je tagguerais des livres sur le site d’un éditeur, ça ne m’apporte rien).

    Je trouve très intéressant aussi le coin des lecteurs, qui incite les internautes à publier leur critiques en échange d’une chance de gagner des livres gratuits (mais là, l’interface n’est pas très 2.0) et surtout en les mettant en avant en Une du site. La page d’un livre propose plein de fonctionnalités, mais peut-être peu d’info, non ?

    Qu’en pensez-vous ?

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    24
    04
    2008

    Promouvoir la lecture

    A l’occasion du World Book Day (mais c’était le 8 mars ?), nous apprend le blog de Google Book Search, Google vient de mettre à jour la liste des projets innovants soutenus par le Project Literacy (le projet d’aide à l’alphabétisation) de Google. L’occasion de faire le tour de quelques projets dans le domaine du livre électronique dédiés à l’alphabétisation comme BookBox, des livres pour enfants en ligne multilingues animés ; de découvrir Booktrust, un site britannique de promotion de la lecture, qui outre des recommandations, propose une carte littéraire de Londres ; ReadUp, un site de partage de lectures pour adolescents…

    Parmi de nombreuses autres initiatives, attardons-nous encore sur celles de l’Angleterre, qui a mis en ligne un site dédié à la promotion de la lecture (cause nationale pour 2008), qui propose  une cartographie calendaire participative des évènements autour de la lecture