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Observer l’innovation pour comprendre les enjeux de l’édition électronique
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    20
    08
    2008

    Pourquoi la numérisation patrimoniale n’a pas beaucoup d’intérêt en soi

    Jean-Claude Guédon a commis une analyse qui me semble essentielle dans la critique que l’on peut faire du contrat qui lie Google aux bibliothèques acceptant de faire numériser leur fond par ses soins : c’est celle de l’exclusivité. “Le principal reproche de Jean-Claude Guédon tient au fait que Google se réserverait par contrat la possibilité d’agréger ces données en les consolidant sur l’ensemble des fonds numérisés, alors que chaque bibliothèque serait limitée à l’usage des ses propres ouvrages, restreignant ainsi les possibilités offertes aux chercheurs”, explique Alain Pierrot. Dit autrement, le contrat empêche les bibliothèques partenaires de partager leurs textes numérisés avec d’autres bibliothèques.

    Les bibliothèques pensent-elles que la numérisation de leur fond propre, de leur patrimoine, à un sens en soi ? Il en avait un quand de ce fond dépendait l’accès, quand il fallait se déplacer à telle ou telle bibliothèque pour consulter tel ou tel ouvrage. Mais en ligne, l’accès est modifié. Ce qui devient important, c’est non plus le fichier, l’exemplaire, comme dans le monde réel, mais bien ce qu’il va être possible d’en faire. En donnant des clauses d’usages limitatives des fonds qu’il numérise pour les bibliothèque, Google flatte les bibliothèques, leur permettant finalement d’avoir chacune leur bien numérisé. Mais il empêche tout développement ultérieur. Or, dans un monde numérique, la valeur de ce bien est différente. La collection de telle ou telle bibliothèque n’a plus d’importance en soi. C’est ce que je peux en faire qui devient capital, comment je peux le mixer avec d’autres, en faire autre chose que ce qu’il est. Faire un moteur de recherche sur tous les ouvrages du XVIe siècle. Faire un moteur de recherche sur tous les ouvrages de médecine numérisés, comme on peut faire une recherche sur toute l’oeuvre de Molière ou de Shakespeare. C’est le “potentiel computationnel” de ces données qui devient important, comme le dit Jean-Claude Guédon.

    Comme ailleurs, les bibliothèques n’arrivent pas à penser leurs collections autrement que centrées sur elles-mêmes. Alors que dans un monde numérique, cette centralité n’a plus aucun intérêt, car ce sont d’autres portes d’entrées, d’autres modes d’accès qui deviennent primordiaux. En signant avec Google, les bibliothèques font la numérisation patrimoniale que leur donneurs d’ordres attendent d’elles. Elles donneront à voir leur fond. On pourra aller sur le site de telle ou telle bibliothèque et surfer sur ses contenus numérisés. Mais qu’elle sera l’intérêt ?

    Assurément, je préférerais aller sur celui de Google Books pour surfer sur tous les livres numérisés des bibliothèques partenaires pour y faire des requêtes particulières ou des analyses de corpus géants. La numérisation patrimoniale n’a pas beaucoup d’intérêt en soit. C’est ce qu’on peut faire de cette numérisation qui est important. Les mettre dans un silo avec le nom de la bibliothèque en haut ou sa localisation n’est pas forcément le meilleur moyen d’exploiter ces contenus. C’est les possibilités de recompositions qui deviennent primordiales. C’est la capacité d’accéder par la requête, comme aujourd’hui on utilise un moteur de recherche pour accéder à la plupart des contenus qui nous intéressent, non pas en cherchant un contenu spécifique mais en regardant ce que nous ramène les croisements qui nous intéressent…

    Via Alain Pierrot et Jean-Michel Salaün.

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    25
    07
    2008

    18 millions de liseuses en 2012 ?

    18 millions de liseuses en 2012 contre un petit million en 2008 : c’est ce qu’affirme une étude (le résumé) d’iSuppli, dont le communiqué de presse (laconique) a été publié par Digitimes.

    Via l’excellent Soybits.

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    24
    07
    2008

    Sony ouvre son reader

    La concurrence a assurément du bon. Pour contrer le Kindle, Sony décide d’ouvrir son Reader.

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    22
    07
    2008

    Partager nos (notes de) lectures

    Je suis très frustré actuellement par la pauvreté crasse des logiciels de lectures de livres électroniques. Pas un ne trouve grâce à mes yeux. Alors j’avais envie de vous faire partager le logiciel ou le service dont j’aurais besoin.

    Une plateforme où je peux uploader mes livres électronique tous formats. On peut-même y injecter un site web (pour y indexer un livre en CommentPress ou en HTML, voir même un site complet). Ces livres ne sont pas partageables par défauts (afin de respecter les droits d’auteurs). Les contenus sont analysés par le système pour faire que le système reconnaisse tous les titres similaires (que je mette un rtf des misérables ou une version pdf, pour lui, il faut que ce soit le même livre).

    Je peux faire des commentaires, ajouter des tags, surligner, donner des notes et des étoiles aux passages… partout où je veux. Comme aujourd’hui, avec un crayon, je m’approprie ma lecture. Je peux bloguer un passage ou y mettre un bookmark (Delicious, off course).

    Je peux faire des liens entre les livres, entre les paragraphes, sur un livre ou tous les livres. Je peux chercher dans un livre ou tous les livres. Récupérer mes tags sur tous mes livres ou un seul.

    Le système propose des capacités d’analyses poussées des ouvrages. Systèmes d’analyses de textes à la BookLamp, système d’indexation par mots clefs, thésaurus de synonymes, dictionnaires et Wikipédia intégrés, recherche sur tous les mots dans certaines bases (YouTube, FlickR…).

    Le système me génère depuis mes commentaires, mes appréciations et mes notes prises pendant ma lecture, une synthèse de celle-ci qui elle (avec citation, possibilité de faire apparaître la pagination ou l’endroit exact de la référence) est partageable avec tous les utilisateurs (toutes mes appréciations sont partageable et pas seulement leur synthèse). Des possibilités sociales y sont associées permettant de regarder, sur un même ouvrage, les annotations des autres, de pouvoir accéder aux commentaires de tous, etc.

    Le système offre un zeigeist de son utilisation à la LibraryThing. Notamment permettant de voir les livres les plus commentés, les plus gribouillés, les plus cités, les plus entrereliés… et surtout les liens entre les livres et les mots-clefs de ces liens.

    Voilà le logiciel de lecture que je voudrais.

    Vous voyez d’autre chose à ajouter ?

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    21
    07
    2008

    ThreePress : des outils libres pour l’édition

    Je découvre ThreePress, dont le but est d’offrir des outils libres et ouverts pour les éditeurs. Et notamment une plateforme pour lire et gérer ses livres au format ePub en ligne (dont il existe déjà une version mobile). Voir également leur blog.

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    21
    07
    2008

    Quand les éditeurs prendront-ils l’impression à la demande au sérieux ?

    Intéressant billet de James Brindle qui revient sur le nouveau business de l’impression à la demande (POD), notamment avec le lancement récent de Faber, Faber Finds. Faber Finds a pour ambition de proposer des classiques oubliés en POD, dans une mise en page qui semblait plutôt attractive. Mais voilà, constate Brindle, la réalisation laisse à désirer : mal coupées, traces d’encres et de doigts, et surtout, pas la moindre attention aux lecteurs : pas d’introduction, pas de mise en page, … Sans compter que les deux éditions que Brindle a acheté sont disponibles par ailleurs chez d’autres éditeurs, non POD.

    Faut-il jeter le POD à la poubelle alors ? Non, répond James Brindle, qui travaille à un projet de POD (dont il ne nous dit pas plus, hélas) :“Le POD offre de grandes opportunités aux éditeurs, mais ces offres-ci semblent plus avoir à faire avec le fait de prendre une place sur les droits de ces oeuvres que d’une véritable volonté de les voir prospérer. (…) Le manque de soins et d’attention accordée à ces réimpressions montre des relents d’opportunisme plutôt que d’une véritable attention pour les lecteurs ou les auteurs.”

    Ca risque hélas de ne pas contribuer à populariser l’impression à la demande dont on continue tout de même à attendre les offres de qualités.

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    16
    07
    2008

    Les liseuses déferlent…

    Après François Bon, et avant Virginie Clayssen, c’est au tour de Bernard Strainchamps de nous faire part de sa découverte d’un terminal électronique. Tout cela alors que se profile la commercialisation de la première liseuse pliable et les nouvelles générations de Kindle.

    Mince, le premier chapitre du livre que je viens de commencer à rédiger s’appelle “Pour en finir avec les liseuses” ;-).

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    16
    07
    2008

    Lisbonne par Gambette

    Vous connaissez peut-être Lisbonne, le guide touristique en anglais de la capitale portugaise écrit en 1925 par le grand Fernando Pessoa. L’excellent Philippe Gambette a eu la bonne idée d’en faire une version interactive (voir ce billet où il explique comment il s’y est pris, de la numérisation du livre, à la reconnaissance de caractère, en passant par la cartographie (via Google Maps) et les mises en concordances de trois bases de données : celle des lieux dans le texte, celle des lieux dans la ville et celle des coordonnées. Il y a même une version imprimable du texte avec de petits numéros pour s’y retrouver entre les plans et le texte… Dommage que la traduction française ne soit pas libre de droits.

    Si vous partez à Lisbonne cet été, vous n’avez plus d’excuses.

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    11
    07
    2008

    Article 2.0 : imaginer les bouquets de revues de demain

    Elsevier lance Article 2.0, un concours pour imaginer ce que seront les bouquets de revues scientifiques en ligne de demain, nous apprend Marlene. L’idée, réfléchir (et démontrer) comment on pourrait réinterroger des bases de revues scientifiques pour en faire autre choses que ce qu’elles sont. L’éditeur met à la disposition des geeks de tout poils, une base de 7500 articles et une API pour imaginer ce qu’on pourrait faire d’une telle base, comment on pourrait réassembler les articles, les exploiter autrement que ne le fait aujourd’hui Elsevier.

    On a déjà hâte de voir les premiers résultats du concours.

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    10
    07
    2008

    Apprivoiser la bibliothèque ?

    “Imaginons, un instant, que je sois le fameux internaute lambda qui se précipite sur Google pour trouver les titres de bouquins écrits par un auteur entendu ce matin à la radio. J’épluche la page de résultats : il y a tout le monde sauf… la bibliothèque ! Même pas un petit lien pour lui rappeller que la bibliothèque tout près de chez lui a certainement les livres qu’il cherche.”

    Et oui. Et on peut développer des astuces, comme celle qu’imagine mon bibliothécaire préféré sur son nouveau blog privéssionnel (un fil RSS de plus) cela ne changera pas grand chose au résultat.

    J’allais proposer une solution globale, mais visiblement, même les bibliothécaires n’y croient plus.

    Et pourtant, ils ont besoin d’un LibraryThing, d’un Amazon des bibliothèques qui permettent à chacune d’interconnecter son catalogue, qui permettent à chacune d’exploiter au profit de toutes les bib le même fond tout en en faisant vivre les particularités et les différences de chacun.

    Ca me rappelle, l’apostrophe que m’adresse Bertrand  Calenge dans Bibliothèques et politiques documentaires à l’heure d’Internet, où citant de larges extraits de ce billet, me demande si les bibliothécaires seraient capables d’apporter cette différence, cette pertinence apparemment déficiente.

    Je ne sais pas. Force est de constater, que pour l’instant ce n’est pas le cas. Les bibliothécaires, hormis certains isolés, ne font pas ce travail de choix, de tri. Pour beaucoup d’ailleurs, ce n’est pas le leur. La fiche bibliographique se doit d’être neutre. Or, s’ils ne nous aident pas à nous repérer dans les documents et notamment en évaluant leur qualité, les bibliothécaires ne nous seront demain d’aucune utilité.

    Pour qu’il soient utiles dans une société numérique, il faut soit ou qu’ils soient centraux : qu’ils travaillent tous à un objectif commun. Jean-Noël Jeanneney dans son très mauvais pamphlet avait le même souhait, sans faire non plus la moindre proposition. Oui,les bibliothècaires peuvent être centraux pour nous aiguillonner sur les contenus et les contenus numériques. Mais l’ont-ils fait sur les livres ? Le feront-ils sur le numérique ? Peuvent-ils penser qu’ils pourront le faire seul (sans les libraires, les éditeurs, les auteurs, les lecteurs…) ?

    Je me permet de citer un autre billet de mon compère Lionel qui me semble d’une pertinence exemplaire, en évoquant le fait que les bibliothécaires ne répondent pas aux commentaires qui leur sont adressés

    “Ce commentaire n’est suivi d’aucune réponse de l’institution. Ce silence est assourdissant ! Aucun collègue ne  s’est donné la peine de demander à cet usager si il avait réservé ce CD, et sinon de lui expliquer comment faire. Pas un seul ne lui suggére un autre CD dans le même style musical - et du coup met en avant son expertise. Si dans le cas présent l’usager n’a pas apporté son intelligence à la donnée, le bibliothécaire n’a pas fait mieux !

    Ce silence est révélateur d’une chose : les bibliothécaires ne sont pas pas appropriés cet outil. Donner son avis s’est surtout l’affaire de l’usager, qui fait ainsi “mumuse” dans son coin avec notre catalogue. Le bibliothécaire, lui, à autre chose à faire que de répondre à des commentaires qu’il qualifiera facilement d’inintéressants. Un catalogue cela sert à gérer des collections, à les mettre à disposition mais certainement pas pour faire de la médiation avec nos usagers …. ceux pour qui ,quand même, nous faisons ce travail.

    Cet exemple n’est pas isolé. Dans la grande majorité des catalogues ouverts à l’usager, le bibliothécaire est absent.

    La bibliothèque apprivoisée ce n’est pas simplement une offre d’outils, mais un espace réel et virtuel,  où chaque acteur fait un pas vers l’autre. Dans le cas précis, un usager a tenté ce pas …. pas sur qu’il recidive.”

    :

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    10
    07
    2008

    Google numérise Lyon

    C’est Google qui va numériser les 500 000 ouvrages de la BM de Lyon.

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    30
    06
    2008

    L’avenir du livre numérique par Patino

    Bruno Patino, dans son livre, Une presse sans Gutenberg, nous avait déjà dévoilé quelqu’un d’assez mesuré et qui connaît bien son sujet. Son rapport (.pdf) va visiblement dans le même sens. Je n’ai eu le temps que de survoler le résumé exécutif, mais j’y lit des choses intéressantes :

    - développer une offre légale attractive. Enfin quelqu’un qui se préoccupe d’abord de dire qu’il faut construire, essayer, expérimenter. Dommage que les recommandations dans le domaine s’en tiennent à encourager l’interopérabilité des contenus et des métadonnées. Ce n’est en l’état pas suffisant et l’appel au CNL pour continuer à soutenir le numérique, alors que celui-ci est volontairement en retrait sur le sujet ou ne voit pas beaucoup plus loin que les intérêts des gros acteurs de l’édition fait un peu langue de bois.

    - défendre la propriété intellectuelle. Ne pas modifier le code, mais continuer à discuter du calcul des droits. Je suis assez d’accord là encore sur le fond, oui la propriété intellectuelle a besoin d’être défendue, mais certainement pas comme ça. J’ai un peu l’impression qu’on veut défendre des règles commerciales (au profit de qui ? Des éditeurs ou des auteurs ?) plus que les DROITS et les DEVOIRS de chacuns. Sous couvert de propriété intellectuelle on nous parle épicerie, comme toujours.  Ce n’est pas le droit qu’on défend, mais bien la propriété, le système économique en place qui le sous-tend.

    - permettre à l’éditeur de fixer son prix de vente. On peut croire en France que cela est possible, quand le prix unique du livre protège nos produits (qui ne sont pas en concurrence avec le reste du monde). Mais ce ne sera pas le cas du numérique. Les opérateurs, les distributeurs, les intermédiaires risquent bien de fixer le prix du marché, comme c’est déjà en partie le cas avec Amazon qui vend du livre numérique sur sa place de marché du Kindle, parfois voire souvent à perte. Que dire quand Google va entrer dans la course. On peut s’attendre à ce que ce soit cette guerre-ci qui fixe les prix, comme Apple avec iTunes a fixé celui de la musique. Patino suggère, si je l’ai bien compris, d’intervenir vite pour imaginer les modalités d’un prix unique du livre numérique, de trouver des modalités pour que ne règne pas très vite la dure loi du marché. Je crois qu’il a raison, si nous pensons que le livre n’est pas un produit culturel comme les autres. Mais attention aux modalités : les majors du disque ont essayé longtemps d’imposer des prix qui se sont fracassés contre la réalité de la demande.

    Comme le résume à sa façon Assouline, Patino suggère de :
    - renforcer la loi Lang et d’essayer de l’appliquer au numérique (d’accord),
    - de promouvoir une offre légale (d’accord, mais pas une offre légale de façade pour financer en sous-main quelques éditeurs cacochymes),
    - de conserver le code de la propriété intellectuelle pour la rémunération (pas d’accord, je pense que si nous n’affrontons le problème de la redistribution de l’argent, les éditeurs auront du mal à gagner la confiance des auteurs dans une économie bouleversée par de nouveaux acteurs),
    - de garder le principe du contrat unique (pas d’accord, aujourd’hui cette feuille de papier est une prison pour l’immobilisme, il faut au contraire qu’elle explose),
    - de monter un groupe de pression pour défendre la propriété intellectuelle (très mitigé : tout dépend de quelle propriété intellectuelle on parle : du droit moral des auteurs ou des droits patrimoniaux des éditeurs. Je crois que la propriété intellectuelle aujourd’hui pose beaucoup de problème. Définie par des juristes et des comptables, elle a évacué toute philosophie. La propriété intellectuelle a besoin d’être refondée et réaffermie, mais pas dans le sens des Majors, mais dans celui des auteurs).

    Patino soulève avec simplicité un problème clé : définir le livre électronique est un problème en soi. Mais refuse d’ouvrir ce débat (parce que ces implications risquent de faire éclater des économies très différenciées que sont la presse, le multimédia ou le livre notamment, chacune défendant son pré-carré). Pourtant les industries du contenu sont toutes pareillement affectées et destabilisées par les transformations actuelles. Pourront-nous continuer longtemps de croire qu’il existe un secteur du livre ou un secteur de la presse, en espérant que la perfusion permette de tenir le coup, alors que demain ces contenus vont se développer sur d’autres supports, sous d’autres modalités ?

    Bon aller, j’arrête de broder. Je lit la suite.

    PS : Comme le signale plus explicitement Alain Beuve-Méry sur le site du Monde, “le principal danger est l’appropriation de la valeur d’un livre par un acteur étranger à la chaîne du livre”. Une petite phrase qui illustre très bien l’inquiétude corporatiste… Et pourtant, le livre va être transformé par d’autres acteurs que ceux en place (gros et petits) et c’est justement de cela dont il faut tirer parti plutôt que de le redouter.

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    30
    06
    2008

    Colivri : bookcrossing 2.0

    Colivri est un site qui vous permet de publier très simplement la liste des bouquins que vous souhaitez prêter. Le site, d’une simplicité redoutable, comme le remarque Eric Dupin de Presse-Citron, permet juste à chacun de déposer ses propositions. Si vous trouvez un titre qui vous intéresse dans la base, une simple interface de messagerie vous permet de contacter celui qui propose de prêter son livre.

    Un système de bookcrossing 2.0, simple et donc nécessairement efficace. Visiblement, Eugene Van den Bulke, son concepteur a plein d’idées de développement (dont un système qui permettrait de reconnaître des livres à leurs tranches). On a hate d’en savoir plus, Eugene ?

    Via Guillaume Teisseire.

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    27
    06
    2008

    La librairie dans 150 ans !

    Pour célébrer l’anniversaire de The Bookseller, Cory Doctorow a signé dans le numéro spécial de la revue, une fiction qui imagine l’évolution d’une librairie sur 150 ans. Quelqu’un nous offre la traduction ?

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    25
    06
    2008

    Accueillir le numérique… mais à nos conditions

    Accueillir le numérique : Ce rapport en ligne sur les mutations du commerce du livre et de la librairie, commandité par le Syndicat de la librairie française est original sur la forme, comme nous l’explique Melico, puisqu’il est disponible en ligne dans un format web (il utilise CommentPress) et permet à tout un chacun d’y publier ses commentaires - mais à quoi serviront-ils ? Quelle est la promesse attachée à la possibilité de commenter autre que de discuter d’un rapport dont les recommandations ont déjà été soumises visiblement ?

    Sur le fond, on s’intéressera donc aux préconisations clefs. Surpris de voir émerger la définition de normes communes, alors que les expérimentations commencent à peine (comme le refus de la gratuité, alors qu’il nous faut l’interroger). Quant au statut juridique du livre électronique, si le besoin s’en fait sentir, le contour à l’air difficile à mettre en place et me paraît pour l’instant terriblement restrictif. Des recommandations liées au référencement et à l’identification des oeuvres passant par des perspectives centralisatrices (???). Je vais m’y attarder un peu plus, mais pour l’instant, autant dire que, comme François, il y a de quoi être un peu déçu par des positions qui semblent bien timides.

    Cf. les discussions sur le Forum de Tiers Livre.

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    23
    06
    2008

    LibraryThing : la home page des lecteurs

    Tim Spalding a refait la page des membres de LibraryThing, histoire de créer “un centre depuis lequel visiter le site”. C’est encore une réussite de clarté, de lisibilité et d’information. Merci.

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    23
    06
    2008

    Booklert : la côte d’alerte des livres

    Booklert, comme l’explique son concepteur Adrian McEven, est un système qui vous permet de déposer une alerte sur Amazon sur le livre de votre choix pour être tenu au courant par mail ou par gazouillis de son évolution dans le classement du cyberlibraire. Pour éditeur compulsif. Via If:Books.

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    23
    06
    2008

    La force Amazon

    Selon le Wall Street Journal, Amazon aurait fait gonfler l’impression de ce livre de 15 000 à 90 000 copies pou répondre aux pré-commandes, en le choisissant comme livre du mois, en publiant une longue critique positive de Stephen King, en le mettant en Une du site pendant deux semaines à -40 % de son prix avant sa sortie…

    L’article suggère qu’Amazon compterait pour 15 % des ventes de livres aux Etats-Unis (je ne me souviens pas avoir vu autant… J’en étais resté à 10%, pas vous ?). Mais bon, visiblement, en ce moment, Amazon se déchaine. Ca ne doit pas aller aussi bien que le disent tout ces papiers… Via Guillaume Teisseire de Babelio, par mail.

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    21
    06
    2008

    Zoomii : la cartographie des stocks


    Chez Zoomii, tout est dans l’interface. Via Embruns’s Twitt.

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    19
    06
    2008

    Quillr : quand le livre devient un peu n’importe quoi

    Quand est-ce que les romans seront adaptés à la lecture sur le net, se demande Josh Catosh sur le ReadWriteWeb. Si les plus jeunes lises de plus en plus en ligne, force est de constater que leur lecture consiste seulement à écrémage plus qu’en une lecture de fond. Faut-il créer un nouveau format pour la lecture en ligne ? Nicola Furlong pense qu’il faut créer un nouveau format de publication qu’elle a appelée Quillr (à venir). Le dernier roman de Furlong, Here Ends the Beginning, est le premier à tester le nouveau format qui mèle vidéo, texte, audio et photo pour créer un nouveau concept de livres (assez moche et raté, il faut bien le reconnaître). Le texte est ponctué de vidéos et de de photos où des acteurs rejouent les personnages et les scènes. Des effets sonores et musicaux sont sensés augmenter l’expérience de lecture. Seuls les 5 premiers chapitres sont accessibles gratuitement.

    Assurément, une expérience de plus dans la longue série des formats qui essayent de renouveler le genre. Comme le disait Keir Graff, réagissant au roman de Pinguin basé sur Google Maps, dans un billet assez intéressant intitulé “la fiction cliquable ne me clique pas” : “c’est une vieille sensation, vraiment : quelques simples mots peuvent évoquer un monde dans notre imaginaire, mais quand ils sont marriés avec les images du vrai monde, ils perdent tout leur pouvoir.”

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    19
    06
    2008

    Quillpill : écrire via son mobile

    On connaissait la vague des livres écrits depuis son mobile au Japon. Avec Quillpill, vous allez pouvoir à votre tour, vous y mettre et écrire votre grand’oeuvre de 400 pages. Quillpill est une application pour écrire depuis son mobile à la façon de Twitter (140 caractères par entrée, encore une écriture à contrainte) qui agrège les billets et les remets dans l’ordre où ils ont été écrits ! On accède aux livres de chaque utilisateurs et on peut s’y abonner… (une sorte de bkkeeper pour ses propres livres, quoi).

    Via le ReadWriteWeb.

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    18
    06
    2008

    Small is beautiful (6) : le livre

    “Ce matin, j’ai acheté un livre. Non pas tellement que j’en avais besoin, mais il me fallait un cadeau. Et comme je ne vais plus souvent voir mon libraire, et que je me sens un peu gêné devant lui, j’ai pris comme naguère un livre de poche sur le présentoir. C’est à partir de ce moment que je me suis aperçu que ma mutation était achevée. En sortant mon porte-monnaie, un doute : c’est combien déjà ? Le libraire a vu la panique dans mon regard, il a fallu qu’il énonce “7 euros vingt” pour y mettre fin. Une fois dehors, mon exemplaire dans la main, j’étais content : je me suis dit, ça me rappelle autrefois, comme un souvenir de vacances, un truc sympa qui s’est perdu.

    Rentré à la maison, en ouvrant l’objet, tout me semblait étrange : le contact du papier, cette chose qui s’ouvre comme un paquet cadeau, la bizarrerie du contraste, le texte si gris, les couleurs éteintes. En essayant de lire le premier chapitre, ça m’a frappé : les caractères étaient trop petits. Il est vrai qu’à mon âge, la presbytie marque des points tous les ans. Je me suis dit : maintenant que les livres s’adressent à un public de vieux, il faudrait tout de même qu’ils s’adaptent. C’est là que je me suis rendu compte du confort de lecture de mon 24″, de son contraste juste comme il faut, de ses couleurs douces et profondes.

    Autre surprise aussi l’épaisseur, la taille, le volume. Cette impression d’être face à un contenu volumineux, épais, qui va demander du temps à lire, à appréhender. Alors que d’habitude, on ne s’en rend pas compte.

    Je plonge dans le premier chapitre. C’est un essai sur l’avenir du livre. Tiens, une bêtise. Rien pour rectifier. Pas moyen de déposer un commentaire. Rien pour alerter l’auteur. Il faudrait noter dans un coin ? Mais peut-on écrire dans un livre ? Corner une page ? Et ce mot, qu’est-ce qu’il veut dire ? C’est fou ça, aucune définition intégrée ! Comment je fais pour en trouver le sens. Tien, ce passage là est intéressant. Faudrait que je le cite. Mais comment faire ? Faut-il que je recopie le passage ? Non, ce serait trop de temps perdu. Je prends une photo avec mon mobile, ça ira bien. Combien de fois répète-t-il ce terme ? Je ferais bien une analyse lexicale tiens… Ah, impossible. Je suis coincé devant ce texte dont je ne peux rien faire : pas partager, pas analyser, pas comprendre. Toutes les lignes ont la même hauteur, nul part le livre ne m’indique les passages importants, impossible de feuilleter par passage essentiels, il faut s’en tenir au “Sommaire” ? Un ensemble de petits titres pour décrire le contenu.

    On s’ennuie un petit peu dans ce livre. Aucun son, aucune image même animée ne vient accompagner ou interrompre la lecture. Je lève la tête. Ca devait être ennuyeux avant, de lire. Je garde un sentiment d’étrangeté face à l’objet. La familiarité n’est pas là. C’est à ce moment précis que le ping de mon mobile retentit : François vient de rétrolier mon dernier billet. Il m’aura fallu cette petite expérience pour prendre conscience de la profondeur de la modification de mes habitudes de lecture. Et de leur caractère irréversible. Je n’imaginais pas qu’en achetant un petit livre ce matin, j’allais m’offrir un tour au musée.”

    Librement plagié d’André Gunthert.
    L’image est issue d’un article d’un blog de Wired qui explique comment transformer son iPhone en livre.

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    16
    06
    2008

    Livres et cartes

    On se souvient du fantastique site blanc de Philippe Vasset pour accompagner son Livre blanc. Voici Senghor on the Rocks, autre tentative d’épuisement topographique (en Allemand), qui s’intéresse à Dakar et qui couple sa vision à des GoogleMaps qui s’animent toutes seules. Merci à Loïc Haÿ (par IM).

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    11
    06
    2008

    La Britannica sauce Wikipedia

    L’encyclopédie Britannica lève le voile sur sa prochaine version : une version totalement ouverte dans sa consultation pour que les journalistes ne citent plus seulement Wikipédia, et une version qui intégrera 3 niveaux de contenus : ceux créés par les utilisateurs, par un pool d’experts et le contenu de la dernière édition de la Britannica elle-même. Les gens pourront publier sur la nouvelle version les articles de leur choix en les signant, révèle encore Wired. Est-ce que cela sera suffisant ? Cette imitation a-t-elle vraiment un sens ?

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    11
    06
    2008

    Vidéo, vidéo, vidéo, vidéo…

    Virginie Clayssen rapporte le projet d’HarperCollins de se doter d’un studio vidéo en interne. Joe Wikert interviewe David Woodard, le fondateur de LiteracyVideo (voir les vidéos ici), un service de réalisation de vidéos pour auteurs et éditeurs afin de promouvoir les livres sur l’internet (sur le même modèle existe aussi bookvideos.tv par exemple ou TurnHere qui travaille beaucoup avec les maisons d’éditions américaines). Sans compter les chaînes de télévision qui utilisent le web pour y reproduire leurs émissions comme le BookShow de SkyArts, ou celle des lecteurs chrétiens (!), en grande partie composée de lecteurs qui parlent d’un livre qu’ils ont lu face caméra (une espèce de ZazieWebVidéo ou de Zazie Seesmicisé?)

    Décidémment, après Biblioclips et loin après cette première revue de ceux qui évoquait des livres en vidéo sur le web en France, le sujet est toujours d’actualité. On le comprend. Les images ont une force à nulle autre pareilles. Faciles, accessibles. L’image est également un outil de viralité. Elle permet surtout de contourner l’écriture, et cela, de plus en plus plus. Peut-on faire confiance à la vidéo pour parler de l’écrit alors qu’elle cherche à la subvertir et qu’elle est, bien souvent, son premier concurrent en terme de temps passé dans les pratiques culturelles ?

    Que sait-on vraiment de ce qui fait le succès des vidéos sur l’internet ? Durées, modalités ? J’ai un peu l’impression, que la vidéo pour le livre vient répondre à une appétence d’image pour elle-même.

    Aujourd’hui, c’est la diversité des grammaires vidéos qui me semblent importantes. Certains vont préférer l’interview de l’auteur, d’autres l’auteur qui s’exprime seul, d’autres le lecteur qui parle du livre, d’autre le clip qui évoque le livre, d’autres le débat autour d’un livre, d’autres le clip humoristique… Mais quid de l’impact de ces grammaires sur les ventes ou la notoriété ?

    Le Wall Street Journal évoquait également cette question récemment (via Guillaume par mail) et parle de Meg Cabot, l’auteure des séries pour ados comme le Journal d’une princesse, qui se met en scène sur YouTube, ou encore Jodi Picoult, qui se met en scène en famille sur YouTube, et quelques autres…

    Mais pourtant, souligne le Wall Street Journal, le “book trailer”, la bande-annonce de livre, n’a pas encore fait ses preuves quant à son impact sur les ventes (et donne des exemples). La plupart des bandes annonces coûtent quelques 2000 dollars à produire, et aucune n’a pour l’instant permis à un livre de décoller. Et pourtant, tout le monde se lance : du studio de Barnes & Noble, au trailer du dernier livre de Naomi Klein réalisé par Alfonso Cuaron (600 000 vues pour 89 000 ventes).

    En tout cas, il y a apparemment quelque chose qui continue de s’accélerer. Mais il va rapidement falloir comprendre si le livre et la vidéo touchent les mêmes publics et quel est la nature de leur relation, au risque sinon de se préparer quelques déconvenues.

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    11
    06
    2008

    Ajouter des liens dans les .pdf ?

    Voilà longtemps qu’il est possible d’ajouter des liens dans les .pdf, et pourtant, quand un éditeur le fait, dans les marges de son livre, on a l’impression d’une révolution, comme le montre l’interview de Morris Rosenthal de Foner Books dans TOC. Et pourtant, dans cet exemple, tout est bricolé (pas même de décompte des pages vues). Peut-on ne signifier les liens que dans les notes de bas de pages, avec des URL à rallonge,  qu’il faut longuement et précautionneusement recopier pour qu’elles aient du sens ? Peut-on imaginer des mini-url signifiantes dans les marges pour des contenus vraiment additionnels ou pertinents par rapport au propos ? Des liens vers des images, des vidéos, des explications supplémentaires ? D’autres exemples ?

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    11
    06
    2008

    “Je n’arrive pas à lire sur mon ebook”

    Parfois, on peut vouloir revendre sa belle liseuse, tout simplement parce qu’on n’arrive pas lire dessus, pas à se faire à l’objet, à ses logiciels… Comme quoi, il y a encore de ce côté, bien des progrès à faire, comme le signale Lorenzo.

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    9
    06
    2008

    BibNum

    Mettre en écho un texte scientifique classique et son analyse par un chercheur d’aujourd’hui. Telle est la belle idée de BibNum, un intéressant projet de bibliothèque numérique scientifique.

    La seule chose dommage, c’est que les deux textes ne soient pas mieux mêlés. Mais l’initiative est plutôt intéressante, vous ne trouvez pas ?

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    9
    06
    2008

    L’intégralité de la Recherche

    Recherche 3000 personnes pour lire chacune une page de la Recherche du temps perdu devant sa webcam et constituer plus de 170 heures de programmes. Contacter Véronique Aubuy.

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    5
    06
    2008

    Quel outil pour les catalogues de bibliothèques ?

    “Et si au lieu de demander d’abord à nos catalogues de gérer des bases de données nous devions leur demander EN PREMIER LIEU d’être de très bons outils de gestion de contenu ?”

    Le bibliobsédé.

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