“Naviguer n’est pas feuilleter”
Publié dans édition électronique par hguillaud le 4/09/2008 4:51
Marin Dacos, sur Blogo-Numericus, revient sur l’édition électronique du Journal de Georges Orwell sur un blog. Excellent !
“Cette initiative est intéressante d’abord en raison de sa stratégie éditoriale : ne pas publier le texte en un seul bloc, ou en quelques volumes, comme on l’aurait fait dans l’édition papier. Mais s’appuyer sur la nature liquide du numérique. (…) La publication cherche donc à être particulièrement fidèle au processus d’écriture du carnet, et non à un processus discret de publication de celui-ci par volumes papier. J’utilise le terme discret au sens mathématique. Dans ce sens, la publication numérique peut être considérée comme continue. Elle ne l’est pas seulement en raison de son rythme. Elle l’est plus globalement, me semble-t-il, par nature.
(…) Si les éditeurs du journal d’Orwell parviennent à tenir le niveau d’enrichissement par tags, catégories et liens hypertextes dont ils font preuve actuellement, ils construiront un corpus hautement enrichi. Les informations inscrites dans le texte, mais pas encodées sémantiquement, comme la date de publication originale, par exemple, pourront être ajoutées à l’avenir. Il faudra changer de plateforme ? Qu’à cela ne tienne ! Il faudra ré-encoder le contenu ? Où est le problème ? L’édition papier nous a habitués à une forme textuelle et informationnelle figée. L’information numérique est constituée de couches, qui peuvent être ajoutées à des époques successives. [D’une part, parce que ses promoteurs ont fait le pari des usages. Faire le choix d’une plateforme publique et célèbre, facile d’accès, rapide à alimenter et où les commentaires sont aisés, c’est en effet faire le choix des usages de lecture et d’annotation. C’est-à-dire qu’ils ont choisi de rendre le texte largement public. Ils l’ont publié, au sens noble.
D’autre part, et surtout, parce que les éditeurs ont fait le choix d’une plateforme ouverte, dans laquelle il est possible de rapatrier à tout moment la totalité du contenu, sans appauvrissement, sans altération, sans perte donc, mais aussi sans barrière, sans douane, sans cerbère. Wordpress.com joue la carte de l’ouverture des données et des formats, au plus grand bénéfice des auteurs des carnets publiés sur cette plateforme. Tous ne peuvent pas en dire autant…”

4 septembre 2008 à 7:11
J’ai participé en 2005 à la mise en ligne d’un journal de ce type… moins prestigieux, mais historiquement important: le journal du siège de Québec. Le projet est ici:
Le journal du siège de Québec
http://www.ixmedia.com/nosracines/
Notre modèle à l’époque était cette autre mise en ligne, la première dans son genre je crois:
The Diary of Samuel Pepys
http://www.pepysdiary.com/
Nous avions à l’époque particulièrement apprécié de re-découvrir le rythme de la publication. En publiant les entrées au rythme réel où les événements se sont déroulés / ont été perçus, on re-découvre (littéralement) l’histoire… les choses sont lentes et on ressent plus facilement l’angoisse de l’auteur en attendant le texte du jour suivant. On prend mieux le sens des distances, etc.
Le texte est publié en continue, aux dates correspondante de l’année (avec, je crois, une deuxième publication décallée de six mois).
Fascinante aventure.