Déplacer les liseuses de la culture du livre à celle de la mobilité
Publié dans liseuse par hguillaud le 3/09/2008 6:56
Dans le Journal of Medias and Culture, Sherman Young propose de repositionner les liseuses et s’interroge sur comment faire passer les liseuses de la culture du livre à la culture de la mobilité :
“Au lieu de chercher à faire des ebooks une culture de remplacement pour la culture de l’imprimé, c’est-à-dire de faire passer la lecture de livres dans un silo séparé de nos autres activités quotidiennes, il serait peut-être préférable de postionner les ebooks dans une culture de la mobilité, comme une part de la gamme en plein essor des activités sociales tournant autour des objets mobiles connectés. La lecture devrait être comprise comme une activité qui ne commence pas avec un appareil particulier, mais qui se fait avec n’importe quel appareil à portée de la main. De la même manière que d’autres producteurs de médias rendent leurs contenus disponibles pour de nombreuses plates-formes, les éditeurs devraient explorer le potentiel des nouveaux appareils mobiles.”
Via TOC.

3 septembre 2008 à 7:27
Une proposition bien plus attrayante que les sempiternelles spéculations sur la substitution d’un média par un autre. Mais sans doute moins attrayante pour investisseurs et entrepreneurs escomptant capter l’ensemble “du” marché “du” livre.
3 septembre 2008 à 8:20
Oui pour identifier l’usage de la lecture lié à la mobilité. Je lis plus de livres dans la journée grâce au papier électronique, et je consulte plus d’informations brèves ou de news grâce à l’iPhone. J’émets une réserve sur “n’importe quel appareil à portée de la main”!
3 septembre 2008 à 8:23
A propos de “liseuse”, que je n’arrive pas à employer, lire le débat sur “gouverneure” chez http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2008/09/03/gouverneuses-gouverneures/
3 septembre 2008 à 10:35
La liseuse c’est un truc pour lire. La tondeuse c’est un truc pour tondre. La perceuse, c’ett un truc pour percer. La dépanneuse, pour dépanner. Ce sont tous des mots féminins, désignant des machines dédiées à un usage bien précis. C’est pour ça que je trouve que liseuse convient bien.
Par ailleurs, je trouve assez curieuse cette déclaration de Young; on ne sait pas très bien qui cherche à “faire passer la lecture de livres dans un silo”, comme s’il y avait un seul acteur animé par des intentions machiavéliques. Mais autour du ebook il y a de nombreux acteurs, et en définitive, ce sont les utilisateurs qui trancheront, qui adopteront ou pas, massivement ou pas, qui utiliseront de la manière prévue ou pas. Il n’ y a personne qui se dit “je vais mettre la lecture de livres dans un silo”. Et il n’y a pas “une lecture”, mais des lectures, dont certaines, peut-être, s’accomodent bien d’un silo, de déconnection, d’immobilité… et d’autres pas.
3 septembre 2008 à 11:24
il semble, Hubert, que tu sois prêt à ce que la Fing t’offre une Sony pour ton anniversaire
j’ai essayé d’aller dans le même sens récemment dans plusieurs billets : il ne s’agit pas de transposer notre “temps livre”, mais, l’ergonomie de la liseuse étant celle du livre (voire supérieure au livre, ce n’était pas le cas il y a encore 1 an ou 2), nos “usages lire” se déplacent
c’est fascinant, parce que la lecture lente et concentrée du livre est compatible avec la liseuse (je parle Sony ou dernière màj CyBook), mais intègre aussi la lecture loisir, les formes pointues ou expérimentales (sur publie.net, constat déjà de pas mal de téléchargements vers liseuses), et tout aussi bien la lecture de flux (l’application développée par FeedBooks qui permet à l’ordi de reconnaître la liseuse et transférer sous confort livre les flux rss sélectionnés)
suis aussi très impressionné par capacité de mes ados d’enfants à attraper la Sony et se balancer dans un Balzac, un Jules Verne
actuellement la mienne est chargée de 150 bouquins environ, et ça ouvre à dernier aspect rejoignant ton billet : les notices d’emploi de divers appareils nomades, enregistreur, appareil photo, les notes et plans pour conférences ou interventions etc
axiome pour finir : la nécessité, quel que soit le texte, du très long (500 pages de Claude Simon ou les Mémoires d’Outre-Tombe) au très court (Sylvie de Nerval), d’une préparation spécifique des pdf, polices, ruses sur les marges et interlignages fins, liens navigation interne (BooKeen s’est paraît-il décidé à bosser sur des liens PDF cliquables, je ne conçois pas un texte préparé pour la Sony sans) - et là on a toute une culture à réinventer, c’est bigrement excitant
3 septembre 2008 à 11:28
je rajoute en PS, pour rejoindre note d’Alain, remarque récente de Florence Trocmé sur ActuaLitté, à propos de sa Sony toute neuve : ces appareils vont d’abord concerner les fous de lecture et de poésie - je ne peux que la rejoindre - or les marchands et industriels s’obstinent à penser en terme de Da Vinci Code et daube pour milliers de gens supposés qui lisent peu ou pauvrement : non, ils ne claqueront pas 200 euros dans une bécane à lire - pour moi, 1 Sony égale 2 Pléiade + 3 romans à 20 euros + 4 poches à 5 euros, l’achat est vite rentabilisé, quand on promène sa bibliothèque avec soi dans son sac…
4 septembre 2008 à 9:28
Ravi de vous retrouver sur LaFeuille
Je trouve que les lecteurs eInk sont extrêmement bien fait pour la lecture et seulement pour cela. Je vois pas bien ce qu’ils feraient ailleurs. Ils sont complètement inadaptés au web contrairement aux netbooks qui ne cessent de progresser. Déjà une trentaine de romans lus depuis le mois de mai sur le Sonyreader sans compter ceux lus sur l’Iliad, plusieurs manuscrits, thèses, jamais pu faire cela depuis mon premier ordinateur en 1982 ! C’est des machines à lire… Qu’est-ce que ceux qui ne lisent pas feraient d’un truc pareil ???
Quant au mot liseuse, je n’en dirais pas plus, tout le monde connait mon point de vue, c’est de l’éclairage!
“les éditeurs devraient explorer le potentiel des nouveaux appareils mobiles.” qu’ils me donnent déjà de quoi lire, comme en Angleterre… au fait, l’internet mobile, les réseaux saturent déjà
http://www.businessmobile.fr/actualites/analyses/0,39044174,39381896,00.htm, et pas moyen de me connecter dans tout mon périple en Auvergne et en Espagne, parlons-en de la mobilité !
4 septembre 2008 à 11:26
peu importe le mot, mais très content que “liseuse” reste dans la course
très intéressant billet chez Jean-Christophe :
http://www.urbanbike.com/index.php/site/ebook-depuis-indesign-pour-comment-travailler-chez-soi/
eh ben là je pars pour 5h de train, ça fera 1h dodo, 2h MacBook, 2h Sony
un aspect non signalé dans billet Hubert : la propagation des tablettes (hé hé, je change de mot) en “interne” dans les maisons d’édition - incroyable les gâchis de temps, papier + efficacité relecture etc qui pourraient être évités - il semble que leur usage est déjà largement répandu dans les maisons d’édition US - tandis qu’ici en France ça ouvre des yeux ronds quand on sort la nôtre
4 septembre 2008 à 1:03
Complètement d’accord avec l’avis relayé dans ton billet, Hubert. On a mis des années à avoir des téléphones avec lesquels justement on peut faire plein d’autres choses que de téléphoner…et j’ai l’impression que la liseuse est une régression de ce point de vue! Ce qu’il faut c’est une machine hybride qui utilise les technologies d’affichage des liseuses proposant toutes les focntions d’un “smartphone” à la Apple… voir aussi le projet de tablette internet lancé sur Techcrunch.
4 septembre 2008 à 3:01
“les technologies d’affichage des liseuses proposant toutes les fonctions d’un “smartphone” à la Apple…” bien sûr génial mais c’est encore dans les labos pour un bon moment… avançons avec ce que l’on a sous la main…
4 septembre 2008 à 3:41
le sonyreader, régression ? Même Lily Cole le trouve sexy !
http://www.shinyshiny.tv/2008/09/lily_cole_cares.html#more
et une photo de plus pour la cage, mon cher sylvère
4 septembre 2008 à 4:17
Sur liseuse, mon propos n’était pas masculin ou féminin, c’était juste pour les commentaires amusants du blog des correcteurs.
Sur reader et téléphonie, il faut considérer par usage et contenu. C’est une grande question dans les projets que je peux suivre, car l’incidence du wireless associé au reader sur les modèles éditoriaux, économiques et technologiques est loin d’être neutre.
4 septembre 2008 à 7:35
je pensais vraiment comme Silv/Biliobsession, même quand j’ai acheté ma Sony c’était plutôt pour apprendre à fabriquer les bons formats etc
j’ai cessé de rêver à un outil polyvalent global - ou alors je choisirais le MacAir (pas assez commentée, son intégration de DigitalEditions) - je trimbale mon Mac, parce que, là où je me connecte, j’ai besoin d’intervenir sur mon site, ou alors, si c’est boulot hors connexion, de bosser sur des fichiers complexes
je trimbale aussi, dans mon sac de moto (j’ai pas de moto, mais c’est vachement commode les sacs motards) un appareil-photo numérique et un enregistreur, alors maintenant il y a la Sony en plus, mais c’est plus rare qu’il y ait un livre donc poids ex aequo
cette notion d’appareil “fermé” je ne suis pas sûr qu’elle soit complètement pertinente - ce qui n’est pas fermé, dans un livre, c’est le texte qu’on lit dedans - tout à l’heure dans le train je relisais le début de César Birotteau (ô FeeedBooks, tes insécables…) j’avais pas l’impression d’un système fermé - idem lorsque je teste sur la Sony un manus en cours de travail, et que mon rapport au fichier devient le même qu’à la découverte sur épreuves
je comprends que pour Silv/Biliobsession il puisse en être autrement - dans une bib les livres sont sagement matériels, classés, rangés, désherbés, et quand on reçoit son Bouillon du matin on imagine les flux suivis, réfléchis
tout bouge ultra vite, les mini ordis à 300 euros, les affichages genre DigitalEditions - mais pour la posture très ancienne (dans le même train, cet homme lisant très longtemps un très vieux et minuscule Coran de poche relié cuir plus petit que sa paume) de la lecture réflexive, un outil s’insère qui n’est pas une extension de notre monde numérique, mais surgit depuis ce lien réflexif
j’aurais du mal à revenir en arrière, mais il fallait que j’ai une Sony personnelle pour piger que ça ne jouait pas sur le même tableau que mon Mac
désolé pour le flou de tout ça - juste donc pour dire : oui, Silvae, je pensais comme toi et j’ai même dû l’écrire, mais l’encre numérique, en nous proposant le très vieux rapport à la lecture réflexive, déplace notre idée de la bibliothèque (je ne lis pas forcément un livre, et puis un autre : je peux commencer par un peu de poésie, puis passer à livre longue haleine, et reprendre la matin la liseuse pour quelques articles de flux)
4 septembre 2008 à 10:51
“lecture de table”, comme dit François Bon, mais dans la trivialité quotidienne, choc des images et des sons contre de l’encre grise.
faut tester
5 septembre 2008 à 1:27
[...] lecture, qui ne sait faire que ça : afficher des textes, page après page. D’autres vivent cette dimension mono-fonctionnelle comme une limitation absurde : ne pas pouvoir [...]
5 septembre 2008 à 7:20
juste signaler ce beau rebond chez V, à sa façon, avec le grille-pain (qui servait d’icône à Toast, tu temps qu’on se servait de Toast!) concernant les appareils dédiés :
http://www.archicampus.net/wordpress/?p=281
et PS sur mon post d’hier soir : même le MacAir, je ne crois pas que l’emmènerais au lit, ou que je le sortirais dans une salle d’attente de toubib au lieu des magazines crades, ou que je l’ouvrirais dans un métro
plus PS au PS : je hais les téléphones, et lire sur un téléphone, même un iPhone, ça voudrait dire que n’importe qui pourrait me déranger quand je lis Michaux et bien non !
5 septembre 2008 à 9:49
Le Macbook Air est très intéressant comme encyclopédie et pour la matérialisation des pages. C’est la première fois que je sors un ordinateur aussi facilement et aussi souvent. Moins d’une seconde d’allumage, wi fi compris, aperçu page dans toutes les applications, clavier éclairé, j’ai fait un billet sur le sujet:
http://papierelectronique.blogspot.com/2008/06/macbook-air-dapple-accs-la-connaissance.html
Les tablettes vont être à suivre, aussi, car encore plus proches de l’objet livre.
Mais rien ne remplace l’encre électronique sur l’absence de fatigue visuelle (idem papier) et la concentration dans la lecture (100% vs 30). A condition expresse que le dispositif et ses compositions ne viennent perturber la matérialité du livre.
Quant au téléphone, vraie question. Cela dépend si on considère le papier électronique comme l’une de ses extensions de lecture, voir concepts Nokia et japonais.
@F Ton “ô”, c’est un “ô rage! ô désespoir!”?
5 septembre 2008 à 10:55
pour moi sans aucun doute liseuse (ou la marque quand nécessaire) et sans aucun doute dans le train (apprécié lors d’un de mes rarissimes déplacements, et à l’hotel comme une extension de mon antre) et chez le toubib
10 septembre 2008 à 6:20
Le point de vue de Stéphane Bortzmeyer sur les eBooks (mise à jour de … 2006) http://tinyurl.com/67u3zy