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  • Student Bay : le piratage des manuels universitaires

    Publié dans Non classé par hguillaud le 3/04/2008 1:40

    piratebay.jpgAprès PirateBay, les suédois lancent StudentBay, un site de partage, non plus de musique, mais de manuels universitaires. Les étudiants sont invités à scanner leurs pages de livres et à les partager sur un système P2P. Les étudiants qui veulent télécharger un livre sur StudentBay sans y avoir préalablement versé un autre livre, devront s’acquitter de 2 dollars par titre téléchargé. Via The Local et ArsTechnica, qui explique par ailleurs longuement qu’il ne faut pas avoir peur du piratage.

    Voila qui ne va pas rassurer les éditeurs, alors que justement on leur explique par A+B qu’il ne faut pas avoir peur !

    N’interprétons donc pas mal en fait cette innovation suédoise. Comme le piratage de musique, elle montre la détresse des utilisateurs ! Ce contournement n’est rien d’autre qu’un appel des étudiants pour avoir accès à des manuels sous forme électronique. Des ouvrages moins chers que les ouvrages papiers (c’est la revendication principale : le livre ne vaut pas le prix qu’on le vend !), mais dont ils pourront aussi avoir un autre usage. Encore une fois, le piratage se développe quand l’offre ne répond pas à la demande. Libérez les livres de leur gangue de papier ! Libérez les fichiers électroniques de leur DRM ! Démultipliez les formes de diffusion et de distribution de ces nouveaux matériaux pour qu’on puisse les acheter partout, à un prix compatible avec les usages et non pas imposé par les éditeurs.

    Comme conclu Xavier dans le long billet du blog d’O'Reilly : “Au lieu de dépenser notre énergie à freiner la diffusion d’un contenu que nous avons eu tant de mal à produire, proposons plutôt à nos lecteurs ce qu’ils demandent : des formats compatibles avec les outils les plus courants et des modes d’accès multiples. Nous pourrons alors commencer à exploiter toute la souplesse de l’écrit dématérialisé, proposer à chacun des ouvrages adaptés à ses besoins et à ses lieux de passage, et inventer de nouvelles formes d’accès au savoir.”

    Oui, même pas peur !

    10 commentaires pour “Student Bay : le piratage des manuels universitaires”

    1. Bobobiblioblog dit :

      Rassurez-moi, ce n’est pas une nouvelle apparue le 1er avril ? Parce que ça sent quand même un peu la Wii angevine tout ça, non ?

      Cela dit, c’est vrai que les manuels sont trop chers ! Il suffit de voir la médecine, ou certains ouvrages ne coûtent que quelques centaines d’euros. Mais de plus en plus souvent, les étudiants peuvent aussi télécharger les versions électroniques desdits ouvrages, que les bibliothèques mettent à leur disposition… Encore faut-il qu’ils le sachent !

      Cordialement

    2. Bibliobsession dit :

      voilà un très bel exemple de la voie stupide dans laquelle les éditeurs principaux s’engagent, sous prétexte d’avoir le recul de l’industrie musicale, ils protègent à fonds leurs données, sans se rendre compte qu’ils font les mêmes erreurs! Savez vous, qu’une simple consultation des sites qui proposent des torrent permet de trouver chaque jour l’édition intégrale en pdf des principaux quotidiens? (et une offre considérables de e-books en anglais pour l’instant!) Il est a parier que l’augmentation des contenus circulant sur ces réseaux va connaître une augmentation proportionnelle au développement des “livrels”…
      raison de plus pour prôner une licence globale!
      http://www.bibliobsession.net/2008/03/28/licence-globale-et-droit-de-pret-en-bibliotheque-meme-combat/

    3. piotrr dit :

      Le piratage est sans doute la réponse la plus idiote à la stratégie du blockhaus dans laquelle les éditeurs commerciaux s’enferrent. La licence globale est en effet déjà une bien meilleure idée ; sauf qu’elle a fait l’objet d’un arbitrage politique défavorable il y a 4 ans, en France en tout cas, et il ne me semble pas que la majorité politique ait véritablement changé depuis. La meilleure des réponses à mon goût, ce sont les manuels faits par des profs en réseau, vendus sur support papier mais librement disponibles sous licence libre. Voir l’étonnant Sésamath ; une réponse concrète, pérenne et intelligente (n’ayons pas peur des mots) à la situation actuelle.

    4. Aldus dit :

      Je regrette que lafeuille fasse l’apologie de ce genre de site, bien sûr que les offres manquent mais est-ce que pour autant appeler au pillage massif des contenus fait avancer le débat… Reculer plus encore assurément. Vous feriez mieux de parler des expériences qui associent éditeurs, auteurs et libraires sur ces sujets. Quand à la détresse des utilisateurs, je les invite à fréquenter les bibliothèques très bien achalandées…

    5. hguillaud dit :

      @Aldus : je ne fais l’apologie de rien, j’essaye d’expliquer pourquoi la piraterie se développe et je crois que ce site s’est souvent fait l’écho d’expériences plus construtives, je vous l’accorde. Je suis entièrement d’accord avec Piotrr et Sylvère, pour autant, à bouger ses lignes de front trop doucement, l’édition électronique risque de connaître des débordements aussi forts que l’a connu la musique (pas aussi importants, car le livre se prête moins à une numérisation facile que la musique). Entièrement d’accord sur Sésamath, mais ce type d’initiative est trop rare, trop isolée, pas assez relayée.

      Dans les bibliothèques universitaires, les manuels “obligatoires” des premiers cycles universitaires tournent souvent à plein régimes et tous les étudiants n’arrivent pas toujours à y avoir accès. On ne peut pas aussi facilement renvoyer les gens aux bibliothèques quand ils veulent un autre accès au livre pour un autre usage.

      Enfin et surtout le plus important Aldus, c’est que l’édition ne doit pas avoir peur du piratage et ne pas se braquer, comme la musique. Au contraire, le piratage est une opportunité pour mieux comprendre les changements et y répondre en innovant et en conquérant de nouveaux marchés.

    6. Aldus dit :

      Bien sûr, d’accord sur tout Hubert, les éditeurs se braquent pas, ils sont très à l’écoute, les offres vont venir avec les supports, je crois beaucoup aux solutions watermarkées plutôt qu’aux Drm insupportables ; l’idée commence à venir chez les éditeurs. Excuses ma réaction, mais bon, c’est plus fort que moi, tout le monde sait que ça existe, et alors ?

    7. hguillaud dit :

      @Boboblioblog : Vous avez raison d’être sceptique. N’ayant pu consulter les ouvrages, je n’en sais rien. A priori, l’info de The Local date d’avant le 1er avril et il n’y pas eu de mise à jour signalant le canular, comme c’est le cas le plus souvent.

    8. Patrick Altman dit :

      Ce qui est certain c’est que les étudiants cherchent la documentation la moins chère et la plus concise possible. Et ça ne date pas d’hier - Tous les éditeurs universitaires se plaignent depuis près de 20 ans sur le manque d’appétence des étudiants pour les livres. Voir le développement des petites collections style “que sais-je” sur toutes les disciplines surtout en sciences sociales et en économie. Les étudiants copient massivement les livres depuis plus de 20 ans aussi - Le numérique permet essentiellement de faciliter ces pratiques, mais ne les crée pas.

      Oui la lecture en milieu étudiant ne va pas bien - Oui les étudiants ont des ressources limitées et d’autant plus limitées que les ouvrages sont chers, ce qu’il faut combiner avec les désirs des étudiants à consommer bien des choses plus que de dépenser pour s’instruire.
      On devrait presque se féliciter que les livres soient piratés, ça serait plutot une bonne nouvelle sur les désirs de culture. Faisons un test : mettre un livre universitaire sur une table de cafétéria à coté d’un DVD d’un film culte et observer lequel sera volé en premier.
      Comment redonner aux étudiants le gout de l’étude, l’attrait pour les lectures diverses ? La réponse est liée à la façon dont les études sont perçues : diplôme à moindre frais de questionnements, en sachant le minimum requis.

      Patrick Altman
      A suivre…

    9. Manuels universitaires : suite du débat | La Feuille dit :

      [...] du post publié par Hubert sur le piratage des manuels universitaires, avec plusieurs publications en ligne depuis [...]

    10. Les étudiants veulent l’accès gratuit aux manuels universitaires « Actu-enstbblog dit :

      [...] Lire à ce propos le billet présenté sur le blog “La feuille” : Student Bay : le piratage des manuels universitaires [...]

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