Apprenons à éditer des textes numériques
Publié dans Non classé par admin le 6/03/2008 12:41
Virgine Clayssen nous rappelle que les textes des éditeurs, quand ils passent à l’impression, ne sont pas vraiment prêt pour le numérique :
“Ne croyez pas qu’il suffira de mettre la main sur le fichier imprimeur à jour (ce qui d’ailleurs n’est pas toujours une mince affaire : qui l’a archivé, est-il resté chez vous, est-il chez l’imprimeur, êtes-vous sûr qu’il s’agit bien de la dernière version ?) puis de le passer dans une quelconque moulinette pour le mettre dans un format lisible par tous les outils de lecture actuellement disponible. Outre qu’il vous faudra soit opter pour un format lisible sur certaines machines et pas sur d’autres, soit créer différentes versions de votre fichier, il faudra également adapter le fichier aux caractéristiques des différents terminaux de lecture auxquels vous le destinez.” (…)Editer des textes numériques, ce n’est pas seulement fournir des fichiers pour les PC, les liseuses ou les téléphones portables. C’est aussi, et Jean-Michel Salaün le rappelle aujourd’hui, tout un pan de l’édition qui bascule vers une logique de plate-forme, avec un accès payant à des contenus consultables en ligne, selon différents modèles.”
S’ensuit une passionnante discussion sur les formats. Au final, en dépassant les problématiques techniques, on voit encore combien les formats, leur manque d’interopérabilité, leur manque de continuité dans la chaîne de traitement, rend la cohérence difficile. Le besoin de format compatibles, de platesformes ouvertes est toujours bien présent. “Essayons déjà de trouver moyen de fournir aux lecteurs des livres en version électronique ( en grand nombre) avec une qualité de restitution qui leur procure une expérience de lecture de qualité, ce sera déjà pas mal”, rappelle encore Virginie Clayssen. Comme le dit François Bon, dans une réflexion que je partage complètement : “alors oui nos chers éditeurs pourraient comprendre qu’il ne s’agit pas de transférer leur métier dans autre support, mais d’ “éditer” un ensemble différent (qui pourrait donc aussi passer par les bornes de téléchargement libraires) ou le texte numérique seul peut bien circuler tant qu’on veut sur eMule.”
Virginie encore, en rebond :
“Ce n’est pas tant le support qui fait rupture, que la façon dont certains écrits demeurent disponibles, en ligne. Disponibles pour la lecture, certes, mais aussi pour la citation, le lien, le renvoi. L’énorme réservoir alimenté et mis à jour en permanence qu’est le web nous dissuade progressivement de désirer posséder, récupérer en local, de vouloir télécharger. Je m’aperçois que depuis quelques années non seulement je n’imprime plus (sauf si on me le demande), mais je ne télécharge quasiment plus jamais un PDF : je le consulte, je stocke quelque part son adresse, éventuellement dans un document lui-même stocké en ligne, et je sais que je peux accéder à son contenu à volonté. Il m’est indifférent de me constituter “ma documentation”. Il m’importe au plus au point de trouver mes chemins dans l’information disponible sur le web.”
