01
2008
Perplexité des éditeurs face au numérique
Intéressants article (et étude .pdf) sur Livres Hebdo sur la perplexité des éditeurs face au numérique qui ne tient toujours pas ses promesses : “Le marché des ventes d’e-books attendrait en effet 25 millions de dollars, alors qu’en 2000, les estimations prévoyaient un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars à l’horizon 2005 !”
Parcourir ne serait-ce que les graphiques du sondage de cette étude, réalisée auprès de gros éditeurs internationaux, est extrêmement intéressant. On y lit la dominance du format .pdf d’Adobe (qui je le crains, est à mettre en cause pour comprendre le retard au décollage du marché - sans compter qu’Adobe n’a pas créé de lecteur dédié ni une communauté d’utilisateurs : franchement, acheter un .pdf ne fait rêver personne, au contraire, on se dit d’avance que lire et naviguer dedans va être difficile). Intéressant de voir aussi que le business modèle préférer semble être la souscription (qui passe loin devant la vente unitaire, qui est derrière l’accès à durée limité et la vente couplée - livre physique et livre numérique). Amusant de constater enfin que le facteur principal de changement reposerait sur “l’intérêt des consommateurs !” : à croire qu’il est toujours plus facile d’accuser les autres que de regarder les lacunes de son offre et d’essayer d’y remédier. Dans la même logique, ils attendent l’arrivée des “digital natives” comme un alléluia. Pas sûr que ce changement de génération soit facile pour les éditeurs, car ces “digital natives” n’ont pas vraiment l’habitude de lire des .pdf ou 200 pages d’affillés sur leurs écrans.
Heureusement, ces éditeurs semblent enfin avoir compris que la canabalisation des ventes papier par le numérique n’aura pas lieu. C’est certainement l’un des rares signes d’espoirs de cette étude.

7 janvier 2008 à 3:50
Bonjour Hubert,
Mettre le Pdf comme principale cause du non décollage du marché me parait erronné. On peut critiquer le format, qui a néanmoins l’avantage de permettre une lecture confortable, mais bien d’autres sont et ont été utilisés, dans des expérimentations non-commerciales sans pour autant déclencher des usages massifs.
La raison me parait tout autre. Le livre supporte un texte long qui trouve plus difficilement que d’autres (morceaux musicaux, articles de presse..) sur le Web un dispositif de lecture et des modalités de commercialisation rivalisant avec le codex imprimé.
Il n’est pas exclu qu’un jour les usages évoluent sur un dispositif plus pertinent, en attendant, sauf erreur, la vente de livres pour les fêtes a été confortable en France cette année. Comparez avec la musique et les journaux..
7 janvier 2008 à 4:35
et à part ça, toi Hubert t’en penses quoi, tu proposes quoi ? - le xtml obligatoire ? - tout proposer format txt mais alors plus de typo ?
la question de la longueur est à séparer : il y a tout un champ d’écritures fortes en formats brefs (y compris dans les collections des éditeurs traditionnels)
double question par contre : comment faire circuler textes à valeur ajoutée via apport éditorial , et y a-t-il un modèle économique, même minuscule, pour les auteurs, à part se faire (via lectures publiques, conférences, stages, etc) les porteurs physiques de ce qu’ils font gratuitement sur leurs blogs ?
troisième question : la bonne santé que note Jean-Michel ne gomme pas les problèmes de consensus accentué, de concentration marchande aggravée, et donc que le Net est de plus en plus vital pour la circulation des recherches, des idées, des expériences de langue
il n’y a plus “le livre” au singulier - mais l’articulation du web et du livre est de plus obligatoire, inventive et fascinante
alors vous, les doués de l’informatique, au lieu de critiquer donnez-nous un coup de main : quoi d’autre que le pdf et comment ?
7 janvier 2008 à 5:29
@Jean-Michel : Je persiste.
Mon désamour du .pdf est total. Quand -is vous n’avez pas de liseuse - vous vous retrouvez dans l’interface du logiciel d’Adobe, pour lire un document, vous êtes bien souvent perdu (où je cherche un mot ? où je change de modalité pour visualiser mon doc ? où je vois le plan ? où j’accède à l’index ?…). Je suis persuadé que l’interface .pdf est rédhibitoire bien plus que confortable.
Nous sommes déjà d’accord sur la longueur Jean-Michel, mais peut-on croire que c’est là la seule raison, la seule erreur qui fait que le marché ne décolle pas ? Nous lisons, finalement, des choses bien plus longues au grè de nos surfs quotidiens - et pas toujours plus intéressantes qu’un bon livre.
@François : je ne suis surtout pas un doué de l’informatique ni ne pense qu’il y a une et une seule solution. Ma critique et mon aversion pour le .pdf sont anciennes. Et, encore une fois, ce format ne me semble pas adapté à la lecture (à la recherche, au mixage, à la diffusion…) sur écran. Sur inventaire-invention par exemple, je préfère lire le texte à l’écran, y circuler, que télécharger un .pdf. Le .txt n’est nécessaire que pour chercher à l’intérieur, mais son absence de balisage rend son usage impossible. Balisage obligatoire ais-je dit : donc, pour l’instant et longtemps, je ne vois rien d’autre que du XHTML !
Pour répondre à la seconde question, je pense que Publie.net est certainement une bonne réponse François. Il faut que les auteurs permettent aux lecteurs d’accéder à leurs oeuvres et qu’ils vendent, même modiquement, même modestement, ce qu’ils font, ont fait et feront.
7 janvier 2008 à 6:04
@ Hubert,
Pour répondre précisément sur Pdf, il faudrait avoir une étude plus large que nos opinions subjectives respectives. En existe-t-il ?
@ François
Tout à fait d accord sur le renouvellement de la relation entre le Web et le livre et aussi sur d autres formes de littérature et de texte (y compris anciennes comme la nouvelle ou le feuilleton) qui ont leur place sur le Web. Une des pistes intéressantes est ce qui se passe au Japon avec les romans sur tél portable, puis édités ensuite sur papier.
L’auteur en reçoit double bénéfice dans l’édition électronique première puis dans l’édition classique.
7 janvier 2008 à 9:29
pour xhtml perso je renonce : trop difficile, trop de temps nécessaire en amont pour coder de façon à retrouver la vieille exigence typo
ai passé une partie de l’aprem à faire des tests mis en page sur bookeen : le pdf n’est pas en cause (par exemple, la barre de navigation “progressive” au lieu du numéro de page c’est pas facile pour se repérer, et j’ai du mal aussi à m’habituer au “flash” de rafraîchissement des pages) -
alors, provisoirement, solution, pour les textes longs : lien qui permette accès à une boîte avec format PDF standard pour lecture ordi, format rtf pour naviguer, chercher, bricoler, étudier, format PDF CyBook + Mobipocket - c’est bâtard, mais pas si difficile que ça à réaliser
j’ajouter que dans toute l’édition le PDF est la référence, pour la correction d’épreuves, pour la mise en page, pour l’envoi à l’imprimeur
je comprends ton aversion, mais dès lors qu’on veut un peu de typo et de réglages, pas possible d’en rester au traitement de texte qui serait tellement plus simple…
faut se dire qu’on est les futurs dinosaures de tout ça…
personnellement, le feuilletage “horizontal” d’Inventaire/Invention , très séduisant chez eux (qui, rappelons-le, ont été les premiers à associer tirage graphique à texte numérique gratuit dispo), je ne me vois pas l’utiliser par rapport à la quantité de pdf qui nous passent par les mains ?
enfin, et pour compléter ce que dit Jean-Michel : il semble que côté éditeurs on apprend de plus en plus aussi à penser compléments - le livre demeure, avec son ergonomie, son plaisir, et on dispose en sus, ou à côté, de matériau numérique, pas seulement textuel - sur mon bureau, tous ces mois, j’avais la “Bob Dylan Encyclopedia” livre, vendue avec sa version PDF, plus conversion Word que j’en avais faite pour la recherche interne… ??
aucun de nous ne demande la même chose à sa bibliothèque numérique qu’à sa bibliothèque murale, et ça reste probablement vrai encore avec un Iliad dans le sac (Iliad qui permet de les annoter, les PDF…)
7 janvier 2008 à 9:41
Bonjour et bonne année à tous.
J’ai plutôt tendance à défendre le format .pdf pour sa capacité à préserver l’apport en lisibilité fourni par typographes, metteurs en page et maquettistes tout en offrant une certaine portabilité.
Les critiques portées contre Adobe concernent à mon sens bien plus le logiciel Acrobat Reader, dont les dernières versions sont pour le moins insupportables, j’en suis bien d’accord.
Mais PDF est ouvert, peut comporter du balisage, autorise la recherche plein texte. Un fichier correctement préparé pour une édition multiple support est alors envisageable.
Certes il faut que la consigne soit donnée aux intervenants de tenir compte des nouveaux modes de lecture liés aux écrans et qu’au cours des phases d’édition on prenne la peine de vérifier que les informations pertinentes pour assurer confort de lecture et fonctionnalités de navigation coexistent correctement.
XHTML, sans CSS (et définition des classes en fonction des butineurs/fureteurs) ne permet pas grand chose et laisse les développeurs de logiciel de navigation et de matériels réinventer les notions de maquette, de mise en forme du texte et de l’image en contexte, le moteur de composition typographique.
L’effort me paraît à porter autant sur la formation des préparateurs de textes à l’ergonomie des lectures sur écran que chez Adobe dans la réalisation d’interfaces utilisateur pour la lecture.
7 janvier 2008 à 2:32
Je suis entièrement d’accord avec Hubert Guillaud : j’ai toujours détesté le pdf sur PC, mais au moins il y est lisible ; sur du matériel léger de lecture nomade, c’est pire : il est la plupart du temps illisible
Sur des écrans de type pda, smartphone, iphone, l’écran tactile et le défilement possible rendent les fichiers html ou word beaucoup plus adaptés.
Une page de pdf est d’abord illisible, car les caractères sont trop petits ; on peut zoomer mais c’est alors le défilement qui devient très problématique et absolument pas confortable pour lire plus de quelques pages.
Sur des e-book de type cybook ou illiad, le problème est que la page de pdf n’est en général pas adaptée.
En effet non seulement on tient à importer la page de livre sur des écrans, mais la plupart de ces écrans ont des proportions différentes de celles des pages papiers A4, A5, etc : les deux écrans mobiles que j’ai sous la main et pour lesquels j’essaie de trouver des livres numériques adaptés font 4.5 x 6 (qtek) et 9 x 12 (cybook), soit un ratio de 1,33 (les pages sont plus « carrées » que celles dont nous avons l’habitude) ; en outre les pdf sont souvent mis en page avec des marges « normales » qui sont inutiles puisque les zones « aveugles » de l’appareil (à qui on a essayé aussi de donner un aspect de livre « normal ») tiennent lieu de marge.
Il me semble que l’attachement au pdf est une façon de refuser la lecture à l’écran (ou à tout le moins d’y aller à reculons) en tentant de réintroduire à tout prix des pages de livre dans l’écran : d’où l’échec, car à un ersatz de livre, en général au même prix que le livre, on préfère le livre !
Je n’ai pas non plus de solution miracle à proposer mais il faudrait essayer d’inventer …
7 janvier 2008 à 5:33
On est bien chez toi pour discuter Hubert ! Et pour se rendre compte que finalement, les éditeurs ne sont pas les seuls à être “perplexes face au numérique”. Nous le sommes tous un peu, y compris ceux d’entre nous qui nageeons dans les octets depuis déjà très longtemps…
L’aversion au PDF est assez partagée par ceux qui baignent dans la “culture numérique”, car il est apparu comme une sorte de négation de tout ce quel le numérique a semblé de prime abord offrir au texte : une occasion pour celui-ci de “divorcer” d’avec la page, d’avec la mise en forme, et de devenir disponible pour des transformations, duplications, diffusions, manipulations à l’infini.
Mais dès lors qu’on se propose de simplement donner à lire des textes et non pas de les mettre en circulation pour d’autres usages, la question de leur mise en forme revient, et tout le savoir faire accumulé par les métiers du livre reprend de la pertinence… Et ce bon vieux PDF revient au devant de la scène, qui restitue les mises en page complexes des livres imprimés, difficile à égaler, c’est vrai, en XHTML + CSS…
On aimerait entendre ici le témoignage de ceux qui comme OOhOO.com ont participé à la première vague du livre électronique, et se sont forcément déjà posé ces questions au moment de préparer leur catalogue.
7 janvier 2008 à 9:24
pour Virginie : sans parler à la place de Constance Krebs, elle est du côté d’Hubert, xhtml radicalement (cad poussé jusqu’à rejoindre exigence typo) - et cette discussion fait penser à phrase de Tocqueville sur la démocratie, comme quoi c’est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres - par exemple, le concept de “page” est une donnée dont on n’est pas débarrassé, à échelle de l’écriture (voir la magnifique réédition du “Coup de Dés” avec les annotations typo de Mallarmé, en décembre) - la repagination continue du Mobipocket pour le CyBook est un concept génial, à condition qu’on l’intègre nativement dans l’écriture - et sans doute faut-il renvoyer à 2 idées : l’une dans récent message sur blog Virginie, à savoir qu’on n’aime pas la “lecture” numérique (la lecture traditionnelle via support numérique ?) mais qu’on est tous restés plantés des heures à naviguer dans un site ou de site à site - l’autre dans le début de ce post Hubert : qu’est-ce qu’on “achète” quand on télécharge un pdf : on dit qu’on “achète un livre” - avec le pdf, ou le Mobi, ou le xhtml, on achète un contenu - voire même : on échange la libre disposition d’un contenu contre un coup de pouce à celui qui nous le fournit (Radiohead) - c’est peut-être dans ce déplacement là qu’on peut aussi surmonter la question technique, et ses limitations provisoires ? (à commencer par le fait qu’Adobe ne propose ses outils genre framemaker et acrobat pro que sur windows…)
7 janvier 2008 à 11:57
@cgat:
sur les formats de papier, un coup d’oeil à l’article format de papier dans wikipedia montre seulement un aspect des offres disponibles en rapport hauteur x largeur. Il s’agit de “papeterie” individuelle (intéressante pour le courrier manuscrit, la poste, les enveloppes et cartes de visites… et les imprimantes individuelles, mais aussi le monde des dessinateurs et peintres).
Industriels du papier et imprimeurs (tous marchés confondus) travaillent plutôt à optimiser leur utilisation du papier en fonction de la laize utilisable sur leurs matériels, avec du papier en bobine. Contraintes d’encombrement, minimisation de la rogne gouvernent l’offre de formats.
Éditeurs et maquettistes de la «chaîne du livre» (notion et non concept) sont pris entre l’offre industrielle disponible, la rationalisation du stockage en librairie (hauteur et profondeur des rayonnages) et le confort de lecture des clients finaux.
Ce qui devrait dominer les décisions devrait idéalement être le confort de lecture. Mais quelle situation de lecture pour quel objectif ?
Le produit (imprimé) est optimisé pour une situation de lecture et un type de contenu (format “poche” autour de 10/18 ou, par exemple, manuel technique autour de 18 x 24).
Les écrans ajoutent non seulement leurs contraintes de formats en pixels mais aussi littéralement une nouvelle dimension dans les calculs d’optimisation : l’indétermination du format de lecture, largement délégué au lecteur final (zoom, redimensionnement des fenêtres, extension des tentatives de lecture dans des situations extrêmes comme sur les matériels mobiles…).
Je vois là un lourd transfert d’expertise vers les usagers : après le (relatif) confort de mise à disposition de produits optimisés, il leur revient de se débrouiller pour finaliser leur lecture des documents en fonction de leurs besoins ou désirs…
Et ils ont bien des interlocuteurs variés à qui faire remonter individuellement, collectivement, explicitement ou implicitement ce qui peut leur être utile ou agréable : le marché de la lecture se complique, me semble-t-il.
@FB : si FrameMaker n’est plus maintenu par Adobe sous MacOS, AcrobatPro est toujours disponible, ainsi qu’InDesign.
Pub gratuite, mais si Adobe France faisait une généreuse donation à Publie.net ça me paraîtrait :
• généreux
• un bon investissement
• une occasion d’expérimenter
• une bonne idée
non ?
8 janvier 2008 à 2:37
merci, Alain, de la proposition, j’espère que tu as transmis à Adobe ? - exact, la version 8 d’Acrobat Pro existe pour Mac (juste, elle ne figure pas dans leur menu version d’évaluation à 30 jours) - mais c’est 700 euros, j’ai pas les moyens…
vraiment intéressant cette mise en perspective des tailles page en fonction aussi des étagères et des laizes d’imprimerie…
pour cgat : sous Word, “mise en page”, il y a préformatage “small paperback” qui est à peu près homothétique aux écrans bookeen/iliad - reste que les clients de ces adorables petites machines pas vraiment cheap devraient reformater eux-mêmes, ou convertir eux-mêmes en Mobipocket, chacun des textes dont ils souhaitent disposer en dehors du (cher et limité) catalogue existant ?
dans l’étude (pdf !) qui a provoqué le post d’Hubert, ils signalent aussi “wide divergence in terms of file formats” - et j’aime bien ensuite leur expression “granularity of discovery”
8 janvier 2008 à 3:43
On pourrait commencer une petite liste d’idées de cadeaux de fin d’année (jamais trop tôt pour les bonnes résolutions, en janvier…).
Imaginons un plugin, à la manière de l’impression PDF, qui proposerait un enregistrement de tout fichier mis à l’écran pour Mobipocket, Bookeen, etc.
Et pourquoi pas, autour d’Adobe, des options dans l’impression PDF qui proposeraient les formats de nos afficheurs mobiles de prédilection, avec une préparation «intelligente» de l’indexation en fonction de la hiérarchie des titres, la prise en compte des mots coupés en fin de ligne grâce aux dictionnaires de césure, etc.
Pour ce qui est de la «granularité de découverte», la communauté ONIX a sûrement une expérience à communiquer sur les extraits perçus comme pertinents par les éditeurs et les diffuseurs et des propositions de balisage sémantique, face à la rusticité de la seule recherche plein texte.
8 janvier 2008 à 3:52
reformater moi-même, c’est ce que je fais depuis des années et mon premier palm, avec les moyens du bord et mes compétences informatiques assez limitées : mais justement le pdf est de ce point de vue là aussi un blocage, beaucoup moins facile à manipuler que du texte word ou de l’html, sans parler des e-books à drm !
et puis il me semble que tant qu’il s’agit de classiques gratuits on est ravi de bidouiller, convertir, essayer, mais que dès lors qu’on achète un texte numérique à 18€, on l’est moins et on est en droit de s’attendre à un produit fini et lisible dans de bonnes conditions
plus profondément, je ne suis pas du tout aussi certaine que vous, f bon et Alain Pierrot, que la page demeure la référence en matière de lecture à l’écran : je suis personnellement assez perturbée par ce retour à la page (et au feuilletage, même s’il procède d’un clic du pouce) sur le cybook de bookeen que j’essaie depuis quelques jours d’apprivoiser et de nourrir de textes qui y soient lisibles : mon réflexe est de cliquer sur l’écran ou d’essayer de faire défiler le texte, et je dois sans cesse me souvenir que ce n’est pas possible
… et encore, je ne fais pas partie de la génération née-numérique !
8 janvier 2008 à 5:31
je n’ai pas dit, Christine, que la page “demeurait la référence”, mais simplement que nos pratiques d’écriture en sont encore lourdement lestées…
ma pratique du blog a changé ma façon non seulement d’écrire, mais de penser (réseau, systèmes complexe, du Deleuze devenue réel?) que peu à peu, depuis quelques années, j’apprends à écrire “nativement” avec l’hypertexte, l’affichage variable, et j’y trouve mon compte
mais dans les textes que je reçois pour publie.net, une bonne part exigent ce respect de la page, devenue concept quasi premier après Mallarmé -
on est d’accord évidemment sur le fond et sur les enjeux
le “flash” du CyBook à la tourne de page me gêne beaucoup, en re-quantifiant, ou re-qualifiant la tourne : moi mon violon c’est mon ordi - avec une “liseuse” j’aurais l’impression d’être devenu manchot - ce qui m’intéresse, c’est ce que m’ouvre progressivement l’écran, ou cette pâte incluant son et images avec le texte, quoi qu’en die l’ami Boisnard
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=987
8 janvier 2008 à 5:43
“mon réflexe est de cliquer sur l’écran ou d’essayer de faire défiler le texte, et je dois sans cesse me souvenir que ce n’est pas possible”
A nouveau, il ne faut pas confondre les fonctions de navigation d’un programme de lecture (programme “reader”) avec le format sous-jacent et le moteur de composition.
Il est possible de faire défiler du pdf, et le cas échéant d’éviter les pénibles saut en haut de page spécifiques à Acrobat Reader.
Par ailleurs je ne croyais pas avoir fait l’apologie de la page comme unité mais appelé à une qualité de lisibilité, pour laquelle tant .pdf que XHTML+CSS restent à améliorer.
8 janvier 2008 à 8:08
Oui, c’est vrai, François. Le xml me paraît la moins pire des solutions, mais je n’exlus pas les autres…
En attendant, c’est vrai que c’est assez complexe si on veut faire du bon boulot. Et toujours plus long que prévu.
Autre constat, que tu as déjà fait François, c’est que les auteurs utilisent d’ores et déjà les possibilités du Net en fonction des médias que cela implique, multiples. Le xml peut baliser cela aussi. Et permettre une certaine sauvegarde si je ne me trompe, n’est-ce pas Alain?
Constance Krebs
8 janvier 2008 à 11:57
“Il est possible de faire défiler du pdf, et le cas échéant d’éviter les pénibles saut en haut de page spécifiques à Acrobat Reader.”
est-ce que vous pourriez-me dire où trouver des exemples de pdf ainsi formatés ? je ne demande qu’à réviser mon jugement …
8 janvier 2008 à 1:31
@cgat:
Vous pouvez charger une démonstration de défilement et zoom d’un .pdf sur Apple iTouch là (fichier .wmv).
Désolé de la piètre qualité, c’est capturé avec une webcam mal adaptée, mal éclairée, …
Le texte de François Bon, au format pdf, sans préparation spécifique, chiffres est chargé en wifi par la version Safari de l’iTouch, qui autorise ensuite défilement, zoom, mais pas de recherche plein texte ni de navigation page à page.
La limitation n’est pas due au format pdf mais au logiciel d’affichage.
8 janvier 2008 à 4:35
merci beaucoup pour la video, alain pierrot, mais j’avoue ne toujours pas être convaincue : avant d’essayer le cybook, j’ai essayé de lire des pdf sur un qtek (téléphone/pda aux fonctionnalités très comparable à celles du iphone, écran de la même taille à peu près) : il est vrai qu’en se livrant à diverses contorsions, zooms, défilements on parvient à afficher correctement et à lire quelques pages d’un texte, ou un texte court, mais de là à continuer à lire au long cours quelques centaines de pages, à « lire », donc, il y a un pas que je n’ai pas franchi très souvent … sauf en cas de disette de livres
il est vrai que les pdf proposés par françois, par leur mise en page adaptée, sont plus tentants (d’autant que ce sont de beaux textes, me semble-t-il) : je vais essayer encore !
et vous, est-ce que vous lisez régulièrement des pdf sur iphone ?
8 janvier 2008 à 8:38
@cgat
Pas si je peux l’éviter! Je peux envisager la lecture à cette taille pour de la lecture utile (recherche d’information, aide-mémoire, brève de presse, blog, courriel, …) en déplacement, réunion.
Mais pour de la lecture immersive, dès que j’ai le choix, je recours à un format plus adapté (ordinateur portable).
Une liseuse qui proposerait moins qu’une surface utile de 10/18 ne me tenterait guère pour ce dernier genre de lecture. Et à ce format, on peut s’attendre à ce que le texte ait une typographie et une mise en forme “efficaces”.
10 janvier 2008 à 12:52
Il est certain que la rayonnement sinon l’hégémonie du PDF a tendance à plomber l’éclosion d’autres formats, maintenant je ne pense pas que ce format soit en lui-même la brebis galeuse.
Certes, il est ultra-limité sur le plan de la structuration de l’information (et largement supplanté par XML et ses descendants sur ce chapitre), mais il apporte des solutions inestimables sur le plan graphique et typographique, avec des résultats qu’on n’atteindra en CSS qu’au prix d’arrachages de cheveux par poignées (pour l’instant du moins).
Par ailleurs, il faut souligner que PDF est sous-exploité. Comme le remarque François Bon, il est historiquement et j’allais dire “culturellement” attaché au pré-presse (épreuvage, maquette imprimeur). Mais c’est parce que les éditeurs ou les utilisateurs de ce format ne veulent pas ou ne savent pas en faire autre chose. Alain Pierrot a raison de l’observer, on pourrait aller beaucoup plus loin avec cet outil. Il sait parler signets, hyperliens, vidéo, Flash, interface, barre de navigation, etc. Ce n’est pas “la faute” du PDF si on ne l’utilise que pour produire des pages A4 en Garamond…
MA
12 janvier 2008 à 11:00
Nicomo fait une synthèse à lire sur la politique numérique d’HarperCollins.
Tous les éditeurs ne sont pas perplexes…
12 janvier 2008 à 2:08
Hubert va pouvoir ouvrir un chapitre intitulé “La controverse du PDF” …
Rien de nouveau sous le soleil, on dirait.
Je parierai que les adeptes du PDF sont ceux qui souvent, impriment - à leur frais ou le plus souvent, au frais de leur employeur… Le PDF reste fondamentalement un format imprimable respectueux de la page.
Dans un tas de circonstance, ça peut être très pratique. Ça dépend si on imprime ou pas ! C’est un fait, le papier reste encore le support ‘numérique’ le mieux partagé
Pour les adeptes du texte à l’écran, le texte ‘liquide’ reste idéal (non mis en page et surtout, non verrouillé par une mise en page PDF) à moins de disposer d’un écran compatible A4 en pleine page et encore mieux : parfaitement mobile.
La solution présentée par Alain Pierrot est touchante car elle parfaitement baroque : c’est le ‘Chant du Cygne’ de la page, sur un écran iPod…
Mais je parierai rien sur notre attachement à l’ordre typographique de la page… Ça me semble dépendre de préférence personnelles, tout simplement. Et pas sûr que les ‘digital natives’ y soient moins attachés que les autres…
Comme toujours, wait & see. Comme le dit François B, nous serons bientôit lmes dinosaures de ces questions.
12 janvier 2008 à 3:59
@Pierre S.
Je suis curieux de savoir d’où vous venez, et ne supporte que difficilement d’être qualifié de baroque et touchant.
L’incompréhension de ce que je dis ne fait guère que me confirmer la méfiance que j’ai à propos de mes capacités à utiliser le langage pour la communication interpersonnelle.
La vidéo que j’ai réalisée ne consiste qu’en la démonstration de deux points controversés jusqu’alors à propos d’un matériel (et du logiciel embarqué dessus) :
primo le navigateur Safari des iPod Touch (et, sans que je puisse le vérifier, des iPhones) est susceptible d’interpréter des fichiers pdf;
secundo il est possible de faire défiler les textes et d’appliquer des fonctions de «zoom».
Je vous laisse la pleine responsabilité de la non-lecture de mes propos comme un «proposition de solution».
Cela dit, j’aimerais qu’on discute sérieusement des cas où le texte liquide, sans mise en page, est utile et efficace : c’est une fonction fondamentale pour certaines situations et certaines fonctions de lecture, et, de mon point de vue, elle devrait toujours être accessible — cela fait bien plus de quinze ans que je contribue dans la mesure de mes responsabilités et possibilités professionnelles à propager les conséquences techniques de cette conviction.
Cela dit, j’ai appris aussi qu’il arrive que l’information textuelle (linéarisée) passée par un document ne puisse se passer de mise en page (parce que l’information utile n’est pas seulement dans la linéarité du texte), et, d’autre part, que la lisibilité assurée par la typographie et la mise en page rend utiles et efficaces des documents qui ne seraient littéralement pas compris si l’on devait passer le temps nécessaire à les appréhender sans ce «pré-mâchage».
C’est pourquoi à ce moment je préconise d’implémenter des solutions qui permettent aux auteurs et éditeurs («editors» plus que «publishers») de préparer des documents qui soient adaptés à ces deux fonctionnalités et qui alertent efficacement l’utilisateur quand il choisit de s’affranchir des intentions et précautions prises par l’auteur du document initial.
Vous pouvez trouver un exemple — caricatural, mais réel — des déviances du texte considéré comme a priori liquide et donc reformatable ad libitum dans un billet du (très recommandable) Petit Champigacien illustré intitulé «Punctuation made in Google».
Quant au «wait & see», il ne peut satisfaire des acteurs comme François Bon, qui ont besoin de prendre aujourd’hui des décisions pour les auteurs qui participent à son initiative.
12 janvier 2008 à 4:13
Désolé de la vivacité de mon commentaire précédent, mal venue, mais j’ai eu le sentiment d’être dans la peau du personnage mis en scène par Franquin dans ses Idées noires qui défend la possibilité de faire un siège éjectable pour pilote d’hélicoptère, à condition d’abandonner l’idée de l’éjecter vers le haut, côté rotor…
13 janvier 2008 à 3:26
¶ à Jean Michel : « Pour répondre précisément sur Pdf, il faudrait avoir une étude plus large que nos opinions subjectives respectives. En existe-t-il ? »
Sur PDF, non pas d’étude publiées à ma connaissance. Adobe en a surement plein ses tiroirs mais ça doit relever du secret industriel.
Je m’interroge beaucoup sur la dimension ‘imprimable’ du Pdf. Comme l’impression que les adeptes du formats ont gardé de fortes habitudes pour la lecture sur papier. Confirmerais-tu que c’est ton cas, un peu, beaucoup, pas du tout ?
Sur ce thème, j’avais lu avec beaucoup d’intérêt une étude de Lexmark en 2002 “In paper we trust” qui, lue entre les lignes, comportait bon nombre d’indices intéressant sur la segmentation des usages du document et de ses formats.
@ Alain Pierrot :
Non, non, il n’y avait rien de désobligeant dans le qualificatif de ‘baroque’. Je suis moi même l’auteur d’un prototype excessivement ‘baroque’ : un écran LCD rendu translucide et équipé d’un capteur de retournement pour lire en recto-verso, des deux coté de la dalle… Il me semble qu’il peut y avoir de la place pour la nostalgie dans la conception des objets nouveaux. Et peut-être même que cette nostalgie, correctement exprimée sur la forme, peut nous aider à mieux apprivoiser les technologies nouvelles.
13 janvier 2008 à 4:34
@ Alain Pierrot (suite) :
D’ailleurs PDF n’est-il pas, fondamentalement, le format ‘nostalgique’ de la page ?
Pour le lecteur, c’est un format ‘graphique’ bien avant d’être un format au sens informatique du terme.
14 janvier 2008 à 10:19
Bonsoir,
Mon intervention va peut être vous sembler idiote !!
Mais je ne comprends pas bien l’intérêt de reprendre un livre à l’identique sur un écran.
Le format pdf permet de rendre des documents interactifs et multimédias. Pourquoi ne pas en profiter ?
Pourquoi ne pas en profiter pour créer de nouveaux types d’ouvrages ?
Pourquoi vouloir toujours “coller” à l’original ?
Je travaille déjà avec quelques éditeurs mais sur des
“elivres ” différents et plus adaptés a une lecture sur écran.
Les livres classiques ont encore et toujours une place (et heureusement !!).
Coralie
14 janvier 2008 à 10:42
ReBonjour,
Pour ajouter encore un grain de sel à cette intéressante discussion, j’ajoute que le débat dépasse largement le pb de la lecture. Il pose la question de l’intégrité d’un document. C’est un pb complexe et fondamental, renouvelé avec le numérique. Cette question a été par ex abordée dans la discussion autour du 2e texte de R. Pédauque.
Quels sont les éléments qui doivent être préservés qd on passe d’un support à un autre pour que le document X soit tjrs légitime, c’est à dire reste son équivalent en terme informationnel ?
Le Pdf préserve le format de la page et, en général la typo et la mise en page. Comme le dit Pierre, cela vient sans doute de l’impression. Autrement dit, dans ce cas, le document légitime est implicitement le document imprimé.
Dans le cas d’XML, on considère implicitement que le document légitime est celui qui maintient le texte (ASCII) + la structure. Sans tenir compte de la mise en page. C’est une position, mais elle suppose que deux documents avec les mise en forme différentes produisent la même information, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes, mais c’est évidemment mieux adapté au monde numérique..
16 janvier 2008 à 1:30
Le format ne me paraît pas être la problématique primordiale, et en considérant que c’est important, le PDF n’est pas le plus adapté. Pourquoi ne pas utiliser les possibilités du numérique, un peu dans l’esprit des livres pour enfants : “les livres dont vous êtes le héros” qui renvoient d’une page à l’autre, comme un jeu, pour trouver des indices. l’important, ce sont les liens, l’indexation, les contenus multimédias complémentaires. Il n’y aura pas de changement de support des lecteurs, s’il n’y a pas que changement du mode de lecture.
19 janvier 2008 à 12:54
A : Coralie
Sur quoi travaillez-vous? Nous expérimentons avec Flammarion des versions “longues”, avec des subtilités qui permettent par exemple de faire apparaitre des compléments de lecture ou d’écouter un passage; ou bien encore de partir d’une illustration et d’aller directement au texte du roman qui y fait référence.
Je pense aussi que le pdf, html simplifié ou Mobipocket sont des formats trop limités (ces deux derniers ne permettant même pas de retrouver le niveau de qualité auquel le livre classique nous a habitué).
L’encre électronique demande plus pour voir son marché se développer. Digital Edition apporte des compléments intéressants, mais la plupart des nouveaux “papiers” le supportent difficilement. Seul Sony tente de concevoir des readers capables de le gérer. Je préfère aujourd’hui des formats permettant la création la plus libre, à partir de toute source, xml, InDesign, Word…
20 janvier 2008 à 12:08
Bonsoir,
Pour notre part nous travaillons sur des 4ème de couverture, des présentations, en pdf mais totalement interactifs et multimédia.
Nous sommes également en train de chercher des sponsors pour réaliser un e-roman gratuit pour adolescents d’une manière très ludique.
21 janvier 2008 à 5:07
oui, cette discussion mériterait un espace spécial, mais on apprend énormément - il y a vraiment un enjeu propre dans cette appellation du “texte liquide”, comme le propose Mobipocket, mais de façon tellement sommaire que c’est rageant
et on affronte une autre contradiction : avoir à numériser des textes de littérature conçus pour et dans l’impression numérique, dans un espace (physique et artistique) codé par la page - si Mobipocket convient parfaitement au récit standard, la poésie y devient comme une fleur en plastique dans une salle d’attente
inversement, les écritures “digital natives”, et c’est bien sûr le plus fascinant, surtout si en plus on trouve légitime que les auteurs soient rémunérés -, si elles abandonnent la page et acceptent mieux l’idée du texte “liquide”, intègrent aussi voix, vidéo, image
la vieille fonction de la littérature est toujours là, entre documentation du monde et mise en question du langage, mais cette mise en question n’est plus restreinte au récit textuel - les eBooks dans ce contexte semblent une régression aussi grise que leur écran
en attentant : “digital native literature” ou bien “digital fictionary object” ?
au fait, Hubert, c’est ça que j’aurais voulu dire vendredi soir, et merci!
25 février 2008 à 8:59
J’ai l’impression que vous parlez de choses que vous ne connaissez pas …
XTML et SGML son ancêtre, sont des langages de balisage évolués qui permettent justement de dissocier fond et forme et même d’ajouter d’autres dimensions à un texte. Le fait que les éditeurs de logiciels n’aient pas investi sur des browsers avancés n’est qu’une question de temps. Quant à PDF, c’est une photocopieuse numérique et rien de plus …
26 février 2008 à 7:42
XHTML, alors…