Une affaire de « censure » agite le Net littéraire ces derniers jours. Anne-Sophie Demonchy a vu son blog La Lettrine fermé quelques heures par son hébergeur pour un article consacré aux tarifs affichés par un agent littéraire. L’étonnant dans cette affaire réside dans la manière et la disproportion qu’ont pris les événements.
Si l’agent a bien envoyé un mail à Anne-Sophie pour demander le retrait des propos qu’il estimait diffamatoires, celui-ci n’a pas attendu sa réponse et a directement contacté l’hébergeur du site. Over-blog a bloqué le site sans en avertir Anne-Sophie. Malheureusement ils peuvent le faire, leur CGU précisant que « JFG Networks [la société qui gère Over-blog] se réserve le droit de suspension pour tout blog ou utilisateur à son entière discrétion sans préavis et sans contestation possible, du fait d’un manquement à ces Conditions d’Utilisations. » (Source)
On peut regretter cette disposition quand il est possible et même facile à un hébergeur de ne bloquer que l’article incriminé. Car sans son site, Anne Sophie s’est retrouvée sans moyen de pouvoir communiquer. Dans cette procédure, elle n’a jamais eu son mot à dire, le soin de donner des explications, se justifier auprès de l’agent, son hébergeur et ses lecteurs sur la réalité de ce qui lui était reproché. Non, la sanction tombe d’abord, on discute après.
Tout cela aurait pu se régler dans le calme et la sérénité mais on aura préféré la punition. Et c’est malheureusement banal, vu que la plupart des hébergeurs affichent le même type de CGU.
Pour ce qui est du fond de l’affaire, à savoir le paiement d’une somme de 900 € pour obtenir les services d’un agent, on rappellera juste que « L’agent littéraire n’est jamais rémunéré sur son travail de sélection ou de correction. C’est seulement une fois le livre édité, par un éditeur qu’il aura convaincu, que l’agent littéraire perçoit une rétribution. Cette rétribution correspond à un pourcentage sur les droits d’auteur versés par l’éditeur. Il est de l’ordre de 15 à 20 %. » (Source : le portail du livre)
Pour autant la pratique de l’agent littéraire concerné n’est pas illégale en soi, la loi ne l’interdit pas et, à ma connaissance, la profession n’est pas régie pas une charte stricte. Le statut d’agent littéraire à compte d’auteur n’existe pas, il faudra l’inventer.
Je laisse le soin à tout un chacun de déterminer s’il s’agit là d’une arnaque ou non.
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Source et complément : Anne-Sophie Demonchy par mail, l’article d’origine (purgé des noms de société et de personne) sur Le tiers livre.
Visiblement, « l’agent littéraire » s’exprime chez Irène.