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    01
    2007

    "Le CNL (n’)abandonne (pas) les revues"

    Mise à jour : L’appréciation ci-dessus vient d’être infirmée, grâce à André Chabin, d’Entrevues : Information prise, il s’agit - en partie - d’une fausse alerte qui résulte d’une erreur dans la mise en ligne des nouvelles dispositions d’aide. La traditionnelle aide au fonctionnement (avec des critères il est vrai plus restrictifs) est bien maintenue (même si elle a été “zappée” malencontreusement du site). L’aide au développement est donc un dispositif nouveau qui s’ajoute à la panoplie des subventions (source: liste revues_shs@cru.fr, 05/01/2007, 11h59). Réjouissons-nous avec lui de ce démenti. Le point de vue développé ci-dessous conserve sa pertinence comme critique du volet de l’aide au développement. Il porte également témoignage de la vigilance - voire de la méfiance - des éditeurs dans un contexte de perte de crédit des pouvoirs publics.

    “En guise de voeux de bonne année, le centre national du Livre (CNL) vient de publier ses nouveaux critères d’attribution des aides aux revues. On s’attendait à une douche froide. C’est un plongeon dans des eaux glacées. Le CNL change fondamentalement les règles du jeu – a un point tel qu’on peut se demander si, après le CNRS, il n’a pas lui aussi décidé d’abandonner le secteur des revues à son triste sort.

    (…) En abandonnant le système de l’aide au fonctionnement pour une aide exclusive au développement, le CNL étend désormais cette logique à l’ensemble du paysage. Au lieu d’une subvention régulièrement reconduite, calculée sur les frais de fabrication et de diffusion, les nouveaux critères définissent une aide ponctuelle sur projet, dont le total ne pourra en principe pas dépasser un tiers du montant dudit projet. Cette aide pourra être attribuée sur un, deux ou trois ans, contrôlée par des contrats d’objectifs, période après laquelle la revue bénéficiaire devra attendre trois ans avant de présenter une nouvelle demande.

    (…) Qu’est-ce qu’un “projet de développement” pour une revue? Sont pris en compte la participation à un salon, la diffusion de plaquettes de présentation ou la réalisation de mailings. Plus sérieusement, des projets lourds comme l’organisation d’un colloque ou le passage à une illustration intégralement en couleurs (les projets de numérisation font l’objet d’une aide spécifique), susceptibles d’ouvrir à des aides substantielles, constituent évidemment des opérations ponctuelles que seules les revues en bonne santé pourront se permettre, puisqu’elles devront assumer seules les deux autres tiers des dépenses. La curieuse mention en principe semble indiquer que le CNL se donne une marge d’appréciation pour observer l’application de ces nouvelles règles. Il n’en reste pas moins que se passer de toute subvention pendant trois ans représente une barrière insurmontable pour la majorité des revues, et la promesse d’une hécatombe. Dans ce système, seules les publications les plus riches auront une chance de survivre, seuls les organes n’ayant pas besoin d’une aide se la verront octroyer. La piétaille des revues petites et moyennes est priée d’aller se faire voir sur internet, ce nouveau cimetière de l’édition. Les plus malins créeront de nouveaux organes tous les trois ans, pour se plier aux nouvelles conditions d’attribution des aides. Il ne faut pas se voiler la face: il s’agit d’une catastrophe de plus pour les périodiques. Si de nouvelles conditions politiques ne permettaient pas de revenir en urgence sur ces dispositions, il est à craindre qu’une partie importante du paysage éditorial français ne sombre définitivement.”

    André Gunthert réagissant aux nouvelles conditions de subvention des revues dont parlait Marin.

    2 commentaires pour “"Le CNL (n’)abandonne (pas) les revues"”

    1. Bakelith dit :

      Voilà à quoi se résume la priorité des revues : plaquettes de com’, salons, colloques, mailing …

      Combien de revues ont coulé parce qu’en échange de la subvention on leur demandait un tirage plus élevé, une mise en page en couleur et donc des frais plus importants et un prix de vente inaccessible pour les lecteurs ? Ah mais la plaquette de com et le salon des revues feront la différence…

      Après le film documentaire, maintenant les revues …

    2. myself dit :

      André Gunthert a corrigé l’info depuis, non ? (je ne nie pas la crise, loin de moi cette idée)

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