On a déjà beaucoup parlé de Lulu.com sur LaFeuille. Pour plein de bonnes raisons. Et je recommence aujourd’hui parce que Lulu vient de lancer sa version française. Pour l’occasion, son fondateur, Bob Young a rencontré quelques blogueurs à Paris, hier soir, 20 juin 2006. J’y étais.
En préalable, il convient peut-être de rappeler qui est Bob Young. Il se définit lui même comme un entrepreneur. Mais pas n’importe lequel puisque son précédent succès est RedHat, une des entreprises pionnières du logiciel libre qui, avec son activité autour du système d’exploitation Linux a taillé des croupières à Microsoft. RedHat lancé, Bob Young a cherché un autre marché à attaquer. C’est tombé sur l’édition. Parce que, tout simplement, le secteur qui fonctionne sur un modèle vieux de plus d’un siècle où les intermédiaires ramassent tout l’argent et les auteurs les miettes ne serait plus adapté au monde d’aujourd’hui.
L’idée, on la connait en France : c’est l’impression à la demande. Le livre est présenté en ligne, puis imprimé à l’unité lorsqu’une commande est passée. Rien de vraiment novateur si ce n’était que cela : les entreprises qui proposent ce type de service sur Internet sont relativement nombreuses.
Deux choses changent avec Lulu, outre le fait que la publication, comme c’est le cas ailleurs, ne coûte rien à l’auteur. D’abord, c’est l’auteur qui fixe le prix de son livre, sans descendre, évidemment, en dessous du coût de fabrication. Ensuite, il touche 80% des bénéfices dégagés… 80 % ! Là où l’on peine à négocier 10% chez un éditeur traditionnel…
Pour autant, Bob Young ne considère pas que Lulu s’attaque de front aux éditeurs établis « nous pouvons créer un marché de toutes pièces, qui n’existait pas avant, comme ebay l’a fait pour la vente entre particuliers. Là où un éditeur espère trouver le livre qui se vendra à 100 millions d’exemplaires, nous allons chercher le million de livres qui se vendent à 100 exemplaires ». Encore que, avec un bon blog et ce qu’il faut de marketing viral, on puisse espérer faire un peu plus, tout de même…
Aujourd’hui, Lulu a publié plus de 50 000 livres, dont la majorité ne sont achetés que par les proches de l’auteur, même si certains ateignent les 1000 exemplaires par an. Au mois de mai, la plateforme a vendu 60 000 exemplaires, et elle espère réaliser, pour 2006, un chiffre d’affaires de 15 à 20 millions de dollars.
Pas tout à fait anecdotique, tout de même. Et les auteurs ont de quoi être séduit par ce projet qui leur laisse en outre, la maîtrise de tous leurs droits dérivés. Cyril, présent lors de la rencontre, avoue être prêt à se laisser tenter. Moi-même, je ne vois pas exactement ce qui pourrait me retenir pour certains projets. Et vous, vous n’iriez pas voir de quoi il retourne sur lulu.com ?