04
2005
Notre Longue Queue
Dans la Longue Queue, Chris Anderson parle des rapports du livre et de l’internet. Il rappelle notamment que 57 % des ventes de livres d’Amazon sont des livres qui ne sont pas disponibles dans les rayons des librairies traditionnelles (m�me si vous pouvez les commander, bien s�r).
Incontestablement, l’internet permet de donner vie au “fond” que connaissent bien les libraires, aux livres qui ne sont pas de l’actualit�, aux perles rares… Mais ne nous trompons pas, l’internet est d’abord une caisse de r�sonnance accrue pour le “Court Pic”, pour les livres qui se vendent le plus, pour parler de ceux dont on parle le plus.
Au final, ce qui me g�ne le plus dans la formalisation d’Anderson, c’est qu’en soulignant la p�rennit� num�rique, il donne aux adversaires de Lessig des arguments de poids. Or, aujourd’hui, Lessig a en grande partie raison… La dur�e de vie commerciale de bien des produits culturels est courte, voire tr�s courte.
La diff�rence tient peut-�tre au fait que Lessig parle surtout du monde mat�riel et Anderson du monde num�rique. Le passage de l’un � l’autre va-t-il inverser la donne ? Je ne le crois pas vraiment.
Il y a un formidable potentiel dans les propositions de Lessig de lib�ration des contenus culturels qui auraient d’ind�niables prolongement dans le monde num�rique. Aujourd’hui, je crois que la dur�e des droits d’auteurs est trop longue ! Elle entrave le potentiel de l’�change. Il serait dommage que la Longue Queue enterre ce potentiel, qui tout de m�me, me semble bien plus int�ressant encore que les esp�ces sonnantes et tr�buchantes des niches �conomiques.
