Ah, ah, ah, ah !

Date septembre 17, 2004

Ce serait dr�le si ce n’�tait pas si d�solant :


Il faut savoir qu’avant la sortie d’un livre, son auteur envoie des dizaines d’exemplaires d�dicac�s aux critiques ainsi qu’� diverses personnalit�s influentes, dont on peut esp�rer un �cho favorable. Cela s’appelle �faire un service de presse�, et c’est un rude travail. Il faut savoir aussi (mais on peut s’en douter) que la plupart de ces exemplaires ne sont jamais ouverts. Pire : certains sont revendus illico � des soldeurs. C’est ainsi qu’� chaque rentr�e litt�raire, on trouve chez Gibert, boulevard Saint-Michel � Paris, la plupart des nouveaux titres au rayon �occasions�, quelques heures � peine apr�s leur arriv�e en librairie, quand ce n’est pas avant… Evidemment, le destinataire du livre prend soin de faire dispara�tre la page de d�dicace du livre (ou simplement son nom) avant de refourguer son exemplaire. Et, s’il ne le fait pas, Gibert s’en charge. Cependant, il arrive que la d�dicace survive � ce double filtrage. Appelons �a un accident. Nous sommes donc partis � la p�che. Elle s’est r�v�l�e assez fructueuse. Ch�re Anne Weber, l’exemplaire de Cerb�re (Seuil) que vous avez �respectueusement� d�dicac� � l’acad�micien Marc Fumaroli n’est plus en sa possession. Quelque ind�licat a d� le lui soustraire. Renvoyez votre livre en renouvelant votre estime � cet Immortel. Cher St�phane H�aume, vous avez eu la gentillesse d’informer Laure Adler de la sortie de votre Orkhidos (Zulma) en l’invitant, avec vos sentiments les meilleurs, � un �voyage tir� de sc�nes de bal et de musiques intimes�. Eh bien sachez que la patronne de France Culture a �gar� son billet pour Orkhidos, si jamais il lui est parvenu. Sera-t-elle contrainte de passer ses prochaines vacances � Dieppe ? Cher Gilles Veber, c’est une bien �trange d�dicace que vous avez faite � Marc-Olivier Fogiel. �Merci d’avoir bien voulu lire Gauthier (Flammarion). J’esp�re qu’il saura vous s�duire…� Si Fogiel a d�j� lu le bouquin, la question de la s�duction ne devrait pas se poser au futur. Mais peut-�tre faut-il comprendre derri�re ce �merci d’avoir bien voulu lire…� que les collaborateurs de Fogiel ont r�clam� le livre � l’�diteur. Dans ce cas, on doute que l’animateur ait eu l’occasion de le parcourir. De notre vir�e sur le boulevard Saint-Michel, nous avons �galement rapport� des d�dicaces bien plus compromettantes, tant pour l’exp�diteur que pour le destinataire d’ailleurs. Et ce sont des textes que l’on peut consid�rer comme tomb�s dans le domaine public. Mais comptez sur notre discr�tion. Pour l’instant. Bien � vous.



In Lib�ration via LaMuselivre

3 commentaires pour “Ah, ah, ah, ah !”

  1. Anonymous said:

    Ce qui est dr�le aussi dans les “services” ce sont les d�dicaces standards, la langue de bois de ce genre litt�raire particulier : “Amiti�s de l’auteur” (que le journaliste n’a jamais vu) ou le tr�s utile “Avec ma consid�ration” (on esp�re bien).

    C’est un peu comme l’emploi des n�gres. Personne n’est dupe mais peu d’�diteurs osent mettre le nom du n�gre sur la couverture.

    Ce n’est pas toi qui parlait de scl�rose de l’�dition un jour ?

    Auteurs, bloguez ! Cela ne rapporte rien mais au moins il n’y a pas de services de presse.
    Xavier

  2. hubert guillaud said:

    Le pire surtout, c’est que des gens “tr�s bien” prennent le temps de d�p�cher un coursier/commis/assistant/parent pour r�cup�rer ce petit p�cule vol� sur la fausse consid�ration que les gens ont d’eux. Sans honte ni vergogne. Faut-il le rappeler, Gibert ach�te ces livres avant que de les revendre.
    Bien s�r, quand on re�oit 40 services de presse par jour, dont autant de tombereau qui ne nous concerne pas, comment ne pas bazarder. Ce n’est pas une raison pour revendre, quoiqu’il en soit - m�me si �a fait toujours plaisir aux petits curieux dont j’�tais de trouver les livres de la rentr�e avant l’office.

    Nonobstant, Pivot �tait au moins connu pour donner ses livres � des biblioth�ques. “Donner ?” D�cid�mment, je dois vivre sur une autre plan�te…

  3. Anonymous said:

    J’ai une id�e pour les auteurs : remplacer les services de presse par des d�pots dans la rue en “passe-livre” ! Tu promeus ton livre, tu fais quelques heureux (s’il est bon) et tu ass�ches le bsusinness parall�le des petits malins.

    Vite avant qu’une agence de marketing viral ne s’en empare ;-)

    Xavier

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