05
2004
"Pour un traducteur, il n’est de bon auteur que mort"
Ren� de Ceccaty, �crivain et traducteur d’italien, explique ces souffrances par le fait que ” le traducteur finit par ne plus voir que les d�fauts du texte sur lequel il travaille “. Comme, pour le traduire, il a fallu l’analyser en profondeur, on en devient le critique le plus s�v�re. Et de l�, le risque est de glisser insensiblement vers une attitude usurpatrice : nous, nous l’aurions tellement mieux �crit, n’est-ce pas ? On en vient � oublier que le traducteur part d’un travail d�j� abouti, et qu’il b�n�ficie d’une s�rieuse avance sur l’auteur. Et voil� qu’on d�rape sur cette r�crimination idiote : ” Auteur, mon semblable, mon fr�re ! Est-ce par pure malveillance que tu n’�cris pas exactement comme moi, je l’aurais fait � ta place ? “.
