La Feuille
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    05
    2004

    Le net, ouvroir de litt�rature potentiel… Et puis ?

    “L’industrie musicale paye aujourd’hui son manque de clairvoyance. Croyant assurer son avenir en tenant les r�nes de la distribution, elle a trop tard� � adapter ses mod�les �conomiques aux nouvelles pratiques culturelles.”

    L’industrie de l’�dition n’est-elle pas dans la m�me situation ? La crise de production qu’elle traverse n’en est-elle pas le r�v�lateur ? Comprendra-t-elle le changement des pratiques culturelles g�n�rationnelles qui se dessine ?…

    J’aimerai prendre le temps de revenir sur les tr�s int�ressants propos de Netlex.

    Trop rapidement :

    - Ce que font les �diteurs am�ricain n’est pas synonyme de mod�le, au contraire, A. Schiffrin nous l’a que trop bien rappel�. Et �diter des blogueurs qui marchent fait � la rigueur un produit � la mode, pas forc�ment un livre. Bien s�r les carnetiers, comme avant eux beaucoup de ceux qui ont tenus des sites persos, cachent souvent des personnes qui �crivent, comme le rappel B. A. Nardie, D. J. Schiano, M. Gumbrecht et L. Schwartz dans leur �tude “Pourquoi les gens bloguent-ils ?” (.pdf). Et puis ?… Faut-il donc croire que c’est une r�v�lation ? Ce n’est en tout cas pas un gage de qualit�. Oui, le net est un ouvroir de litt�rature potentiel et il est certain que les nouvelles formes qui y sont exp�riment�es influeront les formes � venir, cependant il ne permet toujours pas de m’aider � trouver la qualit� qui me sied (et elle est pour chacun diff�rente), ni aux auteurs d’y trouver reconnaissance ou revenus au-del� d’un cercle encore trop restreint pour �tre suffisant. Dit autrement, pour l’instant l’internet culturel est en rade : “l’�norme �bullition cr�ative qui se produit sur le r�seau ne re�oit presque aucune reconnaissance, et sa richesse reste largement ignor�e”.

    - Un lecteur/visiteur de site n’est pas un acheteur, pas plus qu’un t�l�chargeur de mp3 ou de DivX n’est un client de la musique en ligne ou du DVD. Il est tout � fait regretable qu’un auteur doive, de plus en plus fr�quemment, apporter ses lecteurs en plus que de son manuscrit, ou que cet argument forme souvent l’essentiel d’une politique �ditoriale. Ce n’est pas, cela n’a jamais �t� le travail de l’auteur. Par contre, trouver des lecteurs a ses auteurs est bien celui de l’�diteur et ce n’est pas en envoyant 500 services de presse � chaque livraison qu’on peut consid�rer ce travail comme fait.

    - Quant � dire que les “incidences du num�rique sur l’ensemble des pratiques de diffusion de la production, tout au long de la cha�ne du livre sont une r�alit�”, je ne suis pas d’accord. Si le travail sur le texte (corrections, mises en pages…) est d�sormais totalement d�mat�rialis�, si les distributeurs et les diffuseurs ont �galement franchis le pas de la mise en ligne des prises de commandes, les libraires et les �diteurs sont bien en retraits et ne proposent pour l’essentiel que des sites vitrines bien pauvres. Tr�s rares sont ceux qui utilisent forums, listes de diffusions et autres pour parler des ouvrages qu’ils publient, d�fendre leurs auteurs ; combien de libraires proposent de prendre des commandes en ligne � leurs clients r�guliers ?… La culture web n’est pas encore entr�e dans les maisons d’�dition. Les projets papiers ne sont pas �clair�s par le num�rique, si ce n’est anecdotiquement, au coup par coup. Les �diteurs les moins �clair�s se contentent de garder pr�cieusement la gravure des livres qu’ils �ditent pour le cas o� �a servirait, les autres construisent des forteresses SSL o� enfermer ce qu’ils produisent.

    Mise � jour : Netlex rebondit.

    3 commentaires pour “Le net, ouvroir de litt�rature potentiel… Et puis ?”

    1. Anonymous dit :

      Je me demande au contraire si les technologies internet ne vont pas permettre de s�parer le travail de l’�diteur de l’interm�diation avec les clients.

      Je m’explique : alors que l’�diteur �tait auparavant quasiment le seul moyen de l�gitimer un livre, de plus en plus cette l�gitimit� proviendra de communaut�s virtuelles sur internet qui conseilleront des lectures � leurs membres.

      Bien sur les �diteurs peuvent aussi jouer ce r�le l� mais rien ne dit qu’ils seront les mieux placer pour y parvenir…

      Dans ce mod�le l’�diteur n’est plus qu’un prestataire de services, charg� d’”�diter” le livre-objet.

      C’est en tout cas dans cette direction que vont les multiples communaut�s de lecteurs comme zazieweb ou plus humblement le site de votre serviteur (www.livres-online.com).

    2. hubert guillaud dit :

      J’aurais tendance � faire m�me constat que toi bien s�r sur les communaut�s de lecteurs… Mais s’il ne devient qu’un prestataire de service fourguant ses livraisons aux offices des distributeurs, l’�diteur est mort (entre autre parce que les moyens num�riques permettent de faire un livre d’une mani�re bien moins co�teuse qu’en passant par cet interm�diaire et secondo parce que la distribution num�rique ou postale permet de se passer des services des seconds). C’est ind�niablement en renfor�ant sa singularit�, en multipliant ses contacts avec les communaut�s r�elles et virtuelles, que l’�diteur de demain affirmera sa personnalit� et non pas en d�l�guant son r�le de m�diateur � d’autres, m�me si pour se faire, il aura aussi besoin de la force de chacun. Pour dire les choses autrement, on m’a appris que le r�le d’un �diteur n’�tait pas que d’imprimer des livres, mais bien d’aller les d�fendre et les vendre. Ce second r�le, plus difficile est trop souvent d�l�gu�. C’est en retournant vers les lecteurs qu’est l’avenir de l’�diteur et non pas en se retranchant derri�re une citadelle assi�g�e. Leur absence d’internet, des forums, des sites de communaut�s de lecteurs (ou a tout le moins leur volontaire anonymat pareil � celui de biens des auteurs) est inqui�tant. On entend les �diteurs d�fendre leurs auteurs que quand ils sont attaqu�s. O� sont-ils le reste du temps, pourquoi ne s’exprime-t-il pas ?

    3. Anonymous dit :

      Je crains malheureusement qu’ils n’aient la m�me r�action que nos amis des maisons de disque ou de films qui refusent d’utiliser le meilleur des technologies pour am�liorer leurs m�tiers.

      En m�me temps si �a doit nous d�barasser des “gros” �diteurs de best-sellers en s�rie et faire ressortir des �diteurs qui vont vers leurs clients on ne va pas s’en plaindre !

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