04
2004
Faut-il remettre la newsletter en question ?
Captain-doc termine son grand dossier sur les newsletters… Et � le lire, on en serait presque � croire que la newsletter est un format d’avenir !
On n’y trouve pas une interrogation sur la p�rennit� de ce mode de distribution de l’information. Pourtant, min�e par les spams et les virus, par le manque de transparence et la complexit� des proc�dures de d�sabonnements, l’usage abusifs des e-mails des abonn�s et le manque de souplesse de la formule, la newsletter n’est pas en forme. D’autant plus que peu d’�diteurs proposent des modalit�s d’abonnements souples.
Combien d’�diteurs proposent plusieurs lettres ? A part parfois un choix entre les formats (Texte, Html, Pdf), qui propose des envois personnalisables ? Qui propose de laisser choisir � ses abonn�s la r�gularit� avec laquelle ils souhaitent �tre contact�s, les contenus qu’ils souhaitent recevoir… (sommaire, int�gralit�, s�lection th�matique, digest…) ? Quant aux fichiers d’e-mails, ils sont souvent remplis d’adresses mortes et quand ils ne le sont pas, combien de newsletters sont consid�r�es comme du Spam par les logiciels de messagerie - et si elles le sont, c’est tr�s souvent parce que les gens qui la re�oivent la d�clare comme du Spam donc qu’ils souhaiteraient ne plus la recevoir - ? Enfin, les usages de l’internet changent : la lecture � l’�cran est devenue plus courante, le nombre d’abonn� � haut d�bit �galement et le format mail qui permettait de recevoir facilement du contenu quand il n’�tait pas toujours �vident de se connecter est plut�t devenu un format d’alerte (o� il est concurrenc� par la messagerie instantan�e et la syndication de contenus).
Pas un mot non plus sur le fait que tr�s souvent le site web est organis� sur le d�calque de la lettre au d�triment de ses fonctionnalit�s propres. Le site se d�voile comme une succession de num�ros de newsletter et non pas comme un site � part enti�re. Le format newsletter phagocyte le site, alors qu’il ne devrait �tre qu’une forme d’organisation de l’information parmis d’autres. Un peu comme les revues dont la coh�rence �ditoriale du num�ro emp�che souvent � leur concepteur de penser qu’on pourrait �galement redistribuer l’information autrement. Or, sur le site, on aimerait trouver un autre classement, une autre redistribution pour suivre autrement les actualit�s propos�es… Ce qui est rarement le cas. La succession chronologique des num�ros - qui n’a aucun lieu d’�tre sur le web, puisque tout y est disponible - a bien du mal � �tre d�pass�e. Venu pour beaucoup du monde du papier, les �diteurs de newsletters ne sont pas vraiment pass�s � l’�lectronique, mais ont plut�t fait semblant. Il faut reconna�tre � leur d�charge que peu d’outils les y ont aid�. Les modules de gestions de newsletters sont rest�s d�connect�s des CMS et peu proposent des fonctions �labor�es permettant tant aux �diteurs qu’aux clients de param�trer finement leur abonnement.
Bref, tout �a pour dire, qu’aujourd’hui, malgr� leur qualit�, bon nombre de lettres semble en voie d’obsolescence. Et que se satisfaire seulement du nombre d’abonn�s n’est pas un crit�re suffisant pour mesurer son influence et son audience. D’autant plus que si la newsletter favorise la diffusion de l’information, elle ne favorise pas vraiment sa citabilit� et son hypertextualit�.
