La Feuille
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  • Archive pour mars 2003

    26
    03
    2003

    Et les s�lections Brejneviennes de la Fnac ?

    A l’heure o� la Fnac sort une nouvelle s�lection de livres intitul�e 10 ans de litt�rature en 200 livres (rien de moins !), on s’interroge en feuilletant l’opuscule sur ce que font ces titres dans cette « s�lection » qui se pr�sente pourtant un peu comme le Lagarde et Michard de ce qu’il faut avoir lu (m�me si l’�dito s’en d�fend). Bien s�r, alors qu’on voudrait �tre exigeant avec un journal comme le Monde des livres :) ), il est plus difficile de l’�tre avec le suppl�ment commercial d’un �picier. N�anmoins, la Fnac demeure le premier d�taillant de livres en France, et cette petite plaquette (vendue tout de m�me 3 euros, comme si de lui donner un prix �tait synonyme de lui donner une qualit�) dit beaucoup de la collusion entre marketing, services de presse d’�diteur et « critique »… Sous le principe d’une subjectivit� assum�e ( »Cette s�lection n’est ni un �tat des lieux, ni une tentative d’exhaustivit�. Tout est ici affaire de subjectivit�. Un seul d�sir : vous faire partager nos enthousiasmes ») que trouve-t-on dans ces pages ? Une sur-repr�sentation d’un quarteron d’�diteurs (au d�triment des �diteurs originels le plus souvent, voir, visiblement, par collusion commerciale – dans Contact, la Fnac explique « chaque titre est propos� en format de poche s’il existe », �a n’explique pas pourquoi, par exemple, pour le livre d’Alain de Botton, la Fnac a pr�f�r� la version de 10/18 � celle de Pocket, alors que la premi�re est plus ch�re que la deuxi�me…), un �clectisme de bon alloi (mais qui, comme la presse traditionnelle, fait dispara�tre du lot des petits �diteurs/auteurs au profit de la sur-repr�sentation de certains)… Le pire finalement, dans la subjectivit� de la Fnac, c’est qu’elle avance masqu�e. Quand l’effroyable Beigbeder o� l’excellent Thierry Guichard font des s�lections, on sait comment naviguer, comment se faire un avis, peut-�tre parce que, � la force de l’habitude, on conna�t un petit peu � la fois les personnages et leurs go�ts et on peut les filtrer par rapport aux n�tres. Mais l�, sous le couvert des prestigieux « libraires », on ne sait plus se rep�rer. Bien s�r, si vous avez aimez « �a », vous adorerez « ceci »… Mais franchement, est-ce parce qu’on a ador� Cent ans de solitude qu’on va adorer le dernier Zo� Valdes ?

    Les livres pr�sent�s n’ont pas beaucoup d’asp�rit�s dans leurs « critiques ». D’ailleurs, les « critiques » en question ne sont que des reprises respectueuses de 4e de couvertures d�j� ennuyeuses. Autant dire que la s�lection ne g�n�re pas beaucoup d’envies – m�me s’il y a certainement quelques bons titres au milieu. On voudrait la confronter avec de vrais avis de lecteurs, plut�t que de devoir parcourir cette soupe commerciale et ang�lique…

    Finalement, sans vouloir non plus dire que cette s�lection n’est pas sinc�re, comme la d�fend Bertrand Picard, directeur du livre � la Fnac, on se pose encore une fois la question de la collusion des int�r�ts. Autant qu’il est difficile d’�tre critique et directeur de r�daction et auteur et �diteur � la fois (comme c’est presque toujours le cas), autant il est insupportable d’�tre libraire, critique et mastondonte sur le march�. Bizarrement, ce qu’on accepte tr�s bien d’un vrai libraire entre deux rayons (un conseil), on le re�oit beaucoup moins bien sur une feuille de papier glac�e impersonnelle…

    Bref, quitte � chercher quelque chose � lire, allez plut�t vous promener chez Zazie, on s’y �tonne encore de courir y acheter des livres � la lecture de certains points de vue, ou d’�tre tout ragaillardit devant son �cran en partageant un avis d’un autre e-lecteur.

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    25
    03
    2003

    Plus besoin d’aller au Salon…

    Non, plus besoin d’aller � la succursale du salon de l’agriculture serrer la patte aux bestiaux : l’indispensable bible des �diteurs du salon du livre est d�sormais disponible en ligne. Ca sera toujours 20 euros d’�conomis�. D’ailleurs, plut�t que d’aller payer 5 euros pour voir les livres que vous trouvez facilement dans votre grande surface pr�f�r�e, allez donc au Salon Off, celui des litt�ratures pirates, au moins vous y trouverez des livres et des auteurs qu’on ne trouve que l� et en plus vous ne payerez rien � l’entr�e.

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    25
    03
    2003

    Coehlo : gourou du libre et gratuit

    C’est incroyable quand m�me que ce soit l’un de ceux qui gagne le plus sa vie avec ses livres qui montre l’exemple. Et pourtant, ceci permet peut-�tre cela. Le roboratif Paolo Coehlo � mis � disposition sur le site que lui a consacr�e son �ditrice, Anne Carri�re, les pdf de certains de ses textes. Lorsqu’on lui demande s’il ne redoute pas que la mise � disposition gratuite des livres ne finisse par porter pr�judice � la vente, Paulo Coelho a r�pondu : « seule une minorit� de gens a acc�s � l’internet, et le livre en format e-Book ne remplacera jamais le livre papier ».

    Bon, comme Paulo n’a quand m�me pas c�d� les droits de ses oeuvres… La prochaine nouveaut� devrait �tre la sortie d’un livre avec un CC plut�t qu’un C, vous pouvez vous documenter l�, histoire d’�tre au courant la prochaine fois qu’un auteur en mal de reconnaissance attirera l’attention sur ce qu’il fait plut�t que ce qu’il �crit.

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    25
    03
    2003

    1 + 1 = 365

    Ca bat la diane au Monde des livres o� un communiqu� Brejnevien nous rappelle combien le Monde des livres aime les livres et les �diteurs. Un beau tapis statistique – attention de ne pas glisser -, comptabilise les recensions, sans faire aucune attention au traitement journalistique d’icelles. Yves Rebours d’Acrimed, a bien raison de rigoler : « Vous dites � Abus de pouvoir �, Le Monde entend � manque d’�clectisme � ! Vous �voquez de pleines pages de flagorneries, Le Monde sort sa calculette pour chiffrer le nombre d’ouvrages et les �diteurs qu’il a mentionn�s ! Vous parlez des Lettres, Le Monde r�pond par des chiffres ! Vous parlez de l’importance de certains livres, Le Monde r�pond par l’importance des �diteurs ! Vous l’interrogez sur le contenu de la critique, Le Monde dessine un graphique des maisons d’�ditions ! Vous discutez de la qualit� de ses critiques, Le Monde, en bon publicitaire, r�pond : l’essentiel est d’en avoir parl� ! »

    En attendant, Josyane nous annonce que vous aurez au moins droit � la nouvelle formule mieux compos�e « dans le souci de proposer, chaque semaine, une plus grande diversit� »… Qu’est-ce qu’on s’marre !

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    24
    03
    2003

    Proximit�, proximit�

    JJA, notre JR en smalto, vient d’avoir une nouvelle id�e : un programme national pour des m�diath�ques de proximit�. Louable effort quand on sait que ces m�diath�ques vont d’abord profiter � des groupements de communes peu peupl� dans le Nord-Pas-de-Calais, en Champagne-Ardenne ou en Limousin. Cependant, l’�troitesse des projets nous interroge. Ces m�diath�ques de 100 � 700 m� sont elles une solution ou un palliatif ? Ne faut-il pas plut�t renforcer des m�diath�ques existantes aux moyens parcellaires et trouver des solutions de mobilit� adapt�es pour amener la culture l� o� il y en a besoin ?

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    21
    03
    2003

    Il faut sauver la revue Europe !

    La c�l�bre revue litt�raire Europe lance un appel � l’aide suite � la faillite d’une agence d’abonnement am�ricaine la coupant d’une part tr�s significative des abonnements qui font ses revenus.

    A l’heure o� les revues scientifiques fran�aises ont tendance � vouloir confier leur exploitation num�rique � de grands �diteurs n�erlandais et anglo-saxons, qui les enferment dans des bases de donn�es titanesques, voici une information qui devrait en faire r�fl�chir plus d’un.

    Faut-il le rappeler : nous payons les chercheurs, nous subventionnons les revues scientifiques, les chercheurs per�oivent des droits sur leurs oeuvres qu’ils produisent pourtant avec de l’argent public et il faudrait en plus que les biblioth�ques (c’est-�-dire les contribuables) payent l’acc�s � ces revues �lectroniques, alors qu’il serait plus simple voir moins co�teux que cet acc�s soit libre et gratuit pour tous…

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